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Bulletin Quotidien Europe N° 13296
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ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

Situation à Gaza, Josep Borrell plaide pour la coopération entre l’UE et les pays arabes

Le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, s’entretenait, lundi 20 novembre à l’heure de notre bouclage, avec les ministres européens des Affaires étrangères pour les informer à propos de son voyage au Proche-Orient. Après Israël (EUROPE 13294/18) et la Palestine (EUROPE 13295/3), le Haut Représentant s’est rendu à Bahreïn, au Qatar et en Jordanie afin de discuter avec les responsables politiques de la situation à Gaza et de la solution à deux États.

Initialement invité à participer au Conseil informel, le ministre des Affaires étrangères saoudien, le Prince Faisal, en visite en Chine, participera finalement au prochain sommet des Affaires étrangères, le 11 décembre. Il sera également présent à la réunion de l'Union pour la Méditerranée, le 27 novembre, qui portera sur la crise au Proche-Orient.

Mettre en œuvre la résolution du Conseil de sécurité

Lors de ses différentes étapes au Moyen-Orient, M. Borrell a rappelé l’importance d’aider la population civile à Gaza et de mettre en place la résolution votée par le Conseil de sécurité des Nations Unies demandant des pauses humanitaires immédiates, urgentes et durables. « Les décisions du Conseil de sécurité des Nations unies ne sont pas de simples mots. Elles sont obligatoires, elles doivent être mises en œuvre », a-t-il rappelé à l’issue de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères qatari, Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al-Thani.

Le Haut Représentant et ses interlocuteurs ont « discuté de la même chose : comment mettre fin à la souffrance des civils innocents à Gaza ». « C'est le défi que nous devons essayer de relever. Nos efforts conjoints sont plus que jamais nécessaires », a-t-il expliqué.

M. Borrell a rappelé que les Nations Unies considéraient que la situation à Gaza était « l'une des plus grandes crises humanitaires de notre temps ». « En français, on parle de 'carnage' », a-t-il ajouté, expliquant aussi que la population de Gaza n’avait « aucune responsabilité dans les crimes commis dans les kibboutz » israéliens et ne devait pas payer pour cela.

Au-delà de la fourniture d’une assistance humanitaire, M. Borrell a appelé à la paix. « Cela n'a aucun sens de m'offrir un dîner ce soir si c'est pour me tuer demain. Donc, oui, l'aide humanitaire est nécessaire, mais ce qui est encore plus nécessaire, c'est d'arrêter la cause de la nécessité de l'aide humanitaire », a-t-il expliqué.

Selon le chef de la diplomatie européenne, il faut faire de la phase humanitaire la première étape d'une phase politique. « La solution des deux États est la seule issue viable », a-t-il rappelé. « Au milieu de cette horrible crise, la communauté internationale et, en particulier, les Européens et les Arabes doivent peut-être se rendre compte qu'ils ont une responsabilité particulière dans la recherche d'une solution », a estimé le Haut Représentant.

30 ans après les accords d’Oslo, il faut « enfin définir les étapes et les principes » qui conduisent à la solution à deux États, « pour passer des déclarations aux actions concrètes et à la mise en œuvre ».

Le chef de la diplomatie européenne s’est dit conscient des efforts que cela nécessiterait, que ce soit sur le plan économique pour reconstruire Gaza, mais aussi sur le plan politique, « non seulement pour construire des maisons, mais aussi un État », sous-entendu l'État palestinien. Selon lui, « les pays arabes doivent assumer leurs responsabilités politiques. Et en particulier ceux qui entretiennent de bonnes relations avec Israël et à qui l'Autorité palestinienne fait confiance ». Il a cité le rôle « crucial » que l'Égypte et la Jordanie devaient jouer, mais aussi l'Arabie saoudite.

Renforcement du soutien humanitaire

De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est rendue samedi 18 novembre en Égypte et dimanche 19 en Jordanie.

Depuis l’aéroport égyptien d’El Arish, elle a rappelé qu’au cours du mois dernier, l’UE avait quadruplé son aide humanitaire pour atteindre plus de 100 millions d'euros et que les États membres avaient fourni 260 millions d'euros. L’UE a aussi effectué 15 vols humanitaires.

« Nous sommes tous d'accord pour dire qu'il faut augmenter les volumes d'aide qui parviennent à Gaza », a ajouté la présidente. Mettant en avant la proposition de Chypre d'un corridor maritime, elle a précisé que la Commission était en contact étroit avec les autorités chypriotes pour les aider à définir les paramètres logistiques d'un tel corridor.

Mme von der Leyen a annoncé que l’UE soutenait l'Égypte dans son aide aux blessés palestiniens, par exemple avec du matériel médical tel que des appareils d'anesthésie provenant de Suède ou des ventilateurs, des concentrateurs d'oxygène et des appareils à ultrasons provenant de la réserve d'urgence de l'UE. Lundi 20 novembre, 28 bébés prématurés de l'hôpital al-Chifa de Gaza sont arrivés en Égypte. (Camille-Cerise Gessant)

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