Des experts européens ont souligné l'importance des infrastructures et l’interconnexion dans le développement du fret fluvial dans l’UE, lors d’une rencontre organisée par Voies navigables de France et co-animée par les eurodéputées Karima Delli (Verts/ALE, française) et Caroline Nagtegaal (Renew Europe, néerlandaise), jeudi 16 novembre au Parlement européen.
« Nous avons besoin d’infrastructures de qualité et la régénération des infrastructures est essentielle pour les professionnels et les entreprises », a estimé Jean-Marc Samuel, de l’ONG Agir pour le fluvial.
Hugues Van Honacker, expert des voies navigables au sein de la Direction générale de la Mobilité et des Transports de la Commission européenne (DG MOVE), a rappelé que le développement du fret fluvial était une priorité de la Commission depuis quelques années. Celle-ci a adopté un plan en juin 2021, ainsi qu’un programme d'action à appliquer d'ici 2027 (EUROPE 13004/26). L'expert a appelé les États membres à avancer sur la révision du réseau transeuropéen de transport (RTE-T), actuellement discutée en trilogue (EUROPE 13293/10).
M. Van Honacker a également évoqué l’amélioration de l'interconnexion et de la multimodalité, notamment grâce à la numérisation. Il a annoncé que la prochaine Commission européenne devrait proposer une initiative sur ce sujet. « Il faut agir, car, sinon, nous resterons à la traîne », a-t-il considéré.
Pour Didier Leandri, président des Entreprises fluviales de France et vice-président de l’European Barge Union, qui représente les usagers des voies navigables européennes, il faut améliorer l’intermodalité et la compétitivité du secteur. « Il faut aborder la compétitivité de l'industrie : les marchandises ne se déportent pas [vers les fleuves] pour des raisons écologiques, mais parce que l'alternative est compétitive », a-t-il mis en avant.
« Nous avons perdu des points de compétitivité à cause de la surréglementation », a-t-il déploré, demandant aux législateurs d’y prêter attention. (Anne Damiani)