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Bulletin Quotidien Europe N° 13287
ACTION EXTÉRIEURE / Aide humanitaire

L'urgence absolue est d'accroître l'accès humanitaire, car « Gaza manque de tout », souligne Janez Lenarčič

Après un mois de conflit au Proche-Orient et de bombardements incessants contre Gaza « qui ont fait 10 000 morts », en représailles de « l'attaque terroriste du Hamas en Israël, faisant plus de 1 000 morts et plus de 200 otagesla situation humanitaire dans la Bande de Gaza est catastrophique », s'est alarmé le commissaire européen à la Gestion des crises, Janez Lenarčič, mardi 7 novembre, jour où décollaient de Belgique les 7e et 8e vols du pont aérien humanitaire de l'UE à destination de l'Égypte, pour les Gazaouis.

M. Lenarčič était présent à Ostende, d'où est parti un avion-cargo affrété par Médecins du monde, l'UNFPA et le Centre français de crise et de soutien, transportant 45 tonnes de fournitures urgentes (des médicaments, des équipements médicaux, principalement, et de la nourriture) vers l'aéroport égyptien à proximité de Gaza au nord du Sinaï.

Quelques heures plus tard, un autre vol décollait d'Anvers (Belgique) avec à bord 400 tonnes de fournitures de première nécessité.

Le commissaire a indiqué que ces 8 premiers vols seraient suivis d'autres « dans les prochaines semaines, aussi longtemps que nécessaire ». Et d'ajouter : « Il y a urgence humanitaire. Gaza manque de tout : d'eau, de nourriture, de médicaments, de carburant ».

Le premier défi est le volume d'aide humanitaire qui peut entrer dans Gaza et qui est « beaucoup trop faible », a-t-il insisté : en un mois, « environ 500 camions ont pu entrer, contre 500 par jour avant la dernière escalade de violence. Ça vous donne une idée de la situation ».

 Le deuxième est de garantir l'accès humanitaire sûr et sans restriction à toute la population à Gaza, conformément au droit humanitaire international, « et pas uniquement à la partie sud (de l'enclave : NDLR), mais partout où la population nécessite une assistance humanitaire » , a souligné M. Lenarčič.

Le troisième défi est la levée de toute restriction sur le carburant « dont les Gazaouis ont désespérément besoin pour les générateurs électriques, pour les hôpitaux, pour les pompes à eau dans les installations de dessalement, pour les boulangeries et pour permettre aux travailleurs humanitaires de se déplacer ».

Interrogé sur l'accès maritime évoqué par Ursula von der Leyen, M. Lenarčič a confirmé « l'intérêt porté à cette idée » de corridor maritime. « Le problème est qu'actuellement, il n'y a pas un port en état de fonctionner sur la côte de Gaza. Il faudrait le remettre en état ».

Le matin même, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, avait appelé à l'ouverture du point frontière de Kerem Shalom en Israël. « Nous sommes en faveur de toutes les voies d'accès possibles », a dit le commissaire.

Selon le porte-parole en chef de la Commission, Eric Mamer, « la question pourrait être abordée » à la 'conférence humanitaire internationale pour la population civile de Gaza', organisée par Emmanuel Macron à Paris jeudi 9 novembre au matin et à laquelle participeront le président du Conseil européen, Charles Michel, et Mme von der Leyen. (Aminata Niang)

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