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Bulletin Quotidien Europe N° 13253
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INSTITUTIONNEL / Multilinguisme

Octroi du statut de langue officielle de l'UE, l'Espagne suggère de commencer par le catalan

Face au questionnement de plusieurs États membres concernant la demande espagnole d'octroyer au catalan, au basque et au galicien le statut de langue officielle de l'Union européenne, l'Espagne a proposé, mardi 19 septembre, une intégration graduelle qui débuterait avec le catalan (EUROPE 13251/26).

« Aujourd'hui, nous avons mis en marche la réforme du règlement 1/58 régissant le régime linguistique de l'UE », s'est félicité le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares Bueno, à l'issue de la discussion du Conseil 'Affaires générales'. Il a fait valoir que la demande espagnole n'était pas récente, puisqu'elle remonte à une vingtaine d'années, des arrangements permettant l'utilisation des trois langues régionales dans la communication entre les institutions de l'UE et les citoyens espagnols ayant été agréés dès 2005 (EUROPE 8970/28).

Selon le ministre, il existe une spécificité espagnole, car la Constitution du pays reconnaît officiellement les trois langues régionales. Ces langues, a-t-il ajouté, sont désormais utilisées au Parlement national et ne sont « pas minoritaires », puisqu'environ 10 millions de personnes parlent catalan (2,6 millions de personnes parlent galicien et 1,1 million de personnes basque). Et M. Albares Bueno a confirmé que son pays était prêt à assumer les coûts liés à cette demande.

Octroyer d'abord au catalan le statut de langue officielle de l'UE contribuerait aussi à faciliter les discussions internes sur la formation d'un nouveau gouvernement mené par le socialiste Pedro Sánchez, qui a besoin du soutien politique des nationalistes catalans et des régionalistes basques.

Soulignant le fait qu'« aucun État membre n'a apposé son veto » à la demande espagnole, le ministre a indiqué que les travaux allaient se poursuivre au niveau technique afin de répondre aux pays qui expriment « des doutes » concernant l'octroi simultané du statut de langue officielle aux trois langues régionales. Il ne s'est toutefois pas risqué à avancer de calendrier. Il reviendra notamment aux ambassadeurs des États membres de l'UE (Coreper) de décider si un avis juridique des juristes du Conseil s'avère nécessaire.

À leur arrivée au Conseil 'Affaires générales', plusieurs ministres ou secrétaires d'État ont fait preuve de prudence sur cette question linguistique. D'après la Croate Andreja Metelko-Zgombic, la proposition espagnole doit être étudiée « très attentivement » et faire l'objet d'une analyse juridique du Conseil. Même son de cloche de la part du Slovaque Peter Mišík, qui s'est dit prêt à écouter les arguments espagnols, tout en souhaitant que soient analysés les aspects juridique, financier et pratique de la requête espagnole.

La Suédoise Jessika Roswall a aussi rappelé que « beaucoup de langues minoritaires ne bénéficient pas du statut de langue officielle de l'UE ». En Suède, six langues sont concernées, l'une d'entre elles étant le finnois.

Mardi, la Commission européenne a rappelé que le budget total pour la traduction s'était élevé à 355 millions d'euros en 2022. 1 400 personnes travaillent en tant que traducteurs et 480 en tant qu'interprètes, auxquels s'ajoutent des professionnels indépendants. (Mathieu Bion)

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