La France et l'Allemagne ont salué, mardi 19 septembre, les principales recommandations du groupe d'experts franco-allemand sur les réformes institutionnelles nécessaires visant à permettre à l'Union européenne de fonctionner à l'horizon 2030 avec plus d'une trentaine d'États membres (EUROPE 13252/26).
Le rapport, qui ne reflète pas l'avis officiel de Berlin ni de Paris, analyse les questions ardues et offre une variété d'options à concrétiser soit dans le cadre des traités existants soit via une réforme des traités, a relevé la secrétaire d'État française aux Affaires européennes, Laurence Boone. Selon elle, le rapport ne contient « rien de trop audacieux » qui ne pourrait pas recueillir l'aval du gouvernement français. Même une construction européenne par « différenciation », qui permette les avant-gardes de pays désireux d'aller vers une intégration plus poussée dans certains domaines, reflète simplement la réalité de l'Union telle qu'elle existe aujourd'hui, a-t-elle constaté, citant en exemple la monnaie unique et l'espace Schengen de libre circulation.
Son homologue allemande, Anna Lührmann, a souligné qu'il est important qu'élargissement et réforme de l'UE avancent « main dans la main » et de lancer dès à présent la réflexion afin que les réformes nécessaires soient effectuées au cours du prochain cycle législatif. Nous devons dire aux pays candidats que nous serons prêts lorsqu'ils le seront, a-t-elle insisté, souhaitant que le Conseil européen donne « un signal » en ce sens d'ici fin 2023.
Toutes deux ont pointé l'importance du respect de l'État de droit et des valeurs fondamentales dans l'UE, condition indispensable de la confiance entre pays membres. L'État de droit, c'est le prix à payer de la participation au marché unique, a résumé l'ancienne eurodéputée Pervenche Berès, membre du groupe d'experts.
Mmes Boone et Lührmann ont aussi estimé qu'une révision des traités européens ne pouvait pas être une fin en soi, mais un moyen de concrétiser les choix opérés sur les missions et la façon de fonctionner d'une UE élargie.
Voir le rapport des douze experts : https://aeur.eu/f/8np (Mathieu Bion)