La demande de consultations de l'Ukraine concernant les interdictions à l'importation de céréales ukrainiennes imposées par la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie a bien été reçue à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) (EUROPE 13252/2), lundi 18 septembre au soir, a confirmé un fonctionnaire genevois, mardi 19 septembre.
Le document envoyé par Kiev doit désormais être traduit afin d'être transmis aux membres de l'OMC comme document officiel. Des consultations pourront ensuite démarrer entre l'Ukraine et les trois pays de l'UE afin de tenter de trouver une solution à l'amiable. À défaut d'une telle solution, Kiev pourra réclamer la mise en place d'un tribunal d'arbitrage.
La Commission européenne ne commente toujours pas la démarche, à ce stade, même si, lundi soir, le commissaire européen à l'Agriculture, Janusz Wojciechowski, avait marqué son étonnement après l'annonce de Kiev. « Je suis assez surpris que Kiev s'engage dans cette voie étant donné les efforts considérables fournis par les États membres », avait-il indiqué, rappelant que les volumes d'exportation de l'Ukraine via l'UE avaient augmenté après le début de l'invasion militaire russe, et ce malgré les restrictions.
Il s'était toutefois dit « optimiste » sur la possibilité de résoudre le différend à l'amiable.
La vice-première ministre ukrainienne, Yuliia Svyrydenko, a également espéré que les trois pays « allaient lever leurs restrictions » de leur propre chef afin d'éviter de procéder à un arbitrage à l'OMC qui prendrait du temps.
Les trois pays concernés maintiennent leur position. « Nous pensons que les raisons qui ont mené aux mesures de protection sont toujours valables. Les prix des céréales sont très élevés et nous manquons de capacité de stockage pour les agriculteurs. La situation pour eux est très difficile », a déclaré le secrétaire d'État aux Affaires européennes slovaque, Peter Mišík, mardi 19 septembre à Bruxelles. (Léa Marchal)