Lors d’un échange de vues en commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) du Parlement européen, mardi 19 septembre, les eurodéputés ont questionné la Commission européenne sur la mise en œuvre d’une stratégie spécifique à l’énergie géothermique. Le débat s'inscrit dans les travaux en cours au niveau de la commission parlementaire sur un rapport d’initiative consacré à l’énergie géothermique.
Invitée à présenter un état des lieux du développement de la géothermie dans l’UE, la Commission européenne a tenu à souligner l’importance de cette énergie renouvelable pour atteindre les objectifs de l’UE en matière de décarbonation, notamment en ce qui concerne son potentiel pour décarboner les systèmes de chauffage et de refroidissement.
Le rapporteur pour le Parlement européen, Zdzisław Krasnodębski (CRE, polonais), quant à lui, a souligné l’écart important entre le potentiel de la géothermie sur lequel il semble y avoir un consensus du côté des parties prenantes et la situation actuelle à l’échelle européenne.
« D'un point de vue industriel, la géothermie serait quelque peu négligée au niveau européen », explique-t-il.
« Il est vrai que l'énergie géothermique est mentionnée dans la législation (dans la directive sur les énergies renouvelables, récemment révisée - EUROPE 13248/3 - NDLR), il y a des soutiens financiers, mais il faut faire une synthèse, préparer une stratégie de l'énergie géothermique qui ressemble à l’approche de la Commission vis-à-vis de l'énergie solaire ou éolienne ».
Concernant les obstacles, les députés ont souligné la nécessité d’investissements massifs dans la recherche, le besoin de simplifier la procédure d’octroi de permis ainsi que d’harmoniser les règles pour les États membres, notamment en ce qui concerne la loi sur le minage.
Enfin, la Commission européenne a voulu assurer que la géothermie faisait partie des sources d’énergies renouvelables qui permettront d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050, mais a mis en évidence le manque de données disponibles, notamment pour cartographier les zones de forage, ainsi que le besoin accru d’une main-d’œuvre qualifiée. (Pauline Denys)