Une discussion préliminaire de coordination entre les États membres de l’UE pour revoir la Stratégie avec le Sahel après la succession de coups d’État militaires - et en particulier celui du 26 juillet au Niger - a eu lieu le 18 septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies (UNGA-78), lors d'une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères européens.
« Nous sommes convenus de la nécessité de réévaluer notre stratégie, notre approche, nos politiques et nos attentes », a déclaré le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, lors d'un point presse, soulignant que, face à une « instabilité géopolitique dans la région », l’objectif, à ce stade, était de recueillir des points de vue.
« C’est le point de départ d’une discussion stratégique approfondie sur la situation au Sahel. On ne peut pas continuer à faire la même chose et attendre des résultats différents », avait-il précisé en amont de la réunion.
Selon lui, cette stratégie confirmerait l'engagement de l'UE pour la région, mais sur la base d'une approche différenciée selon les pays, approche fondée sur des terrains d'entente sans pour autant tomber dans de doubles standards.
« Nous ne devons pas oublier que nous avons été le plus grand soutien de la région en termes de sécurité, de développement et d’aide humanitaire, et nous devons souligner l’importance que nous attachons à la région ».
Estimant que l'instabilité au Sahel et les coups d'État militaires ont eu un impact sur l'UE « en tant que voisin et partenaire direct », M. Borrell a déclaré que « la migration et la sécurité sont des éléments clés à prendre en compte pour guider la coopération au développement ».
La commissaire européenne aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, étudie avec les Vingt-sept « comment les États membres mettront en œuvre ces éléments dans leurs politiques respectives pour apporter une réponse cohérente à ces crises », a déclaré le Haut Représentant.
« La région est d'un très grand intérêt stratégique pour nous et nous continuerons à nous y engager », a renchéri Mme Urpilainen sur le réseau social X.
S'agissant du Niger, M. Borrell a rappelé la position de l'UE, réaffirmée par les ministres, à savoir « le soutien au Président Bazoum » comme seule autorité légitime, le soutien à la CEDEAO et à l'Union africaine « pour des solutions africaines aux problèmes africains » et la « pleine solidarité avec la France concernant la situation de son ambassadeur ». Sylvain Itté, maintenu en poste malgré un ordre d'expulsion, est toujours enfermé à l'ambassade à Niamey et Paris considère qu'il est pris « en otage », selon la ministre Catherine Colonna.
Avant la réunion, la ministre allemande, Annalena Baerbock, avait confirmé qu'avec sa « collègue française », elle jugeait important « dans une région devenue de plus en plus fragilisée, d'être aux côtés de nos partenaires démocratiques et d'identifier comment soutenir les populations pour la stabilité de la région, car les problèmes au Sahel sont aussi les problèmes et les défis de l'Europe ». (Aminata Niang)