Le président du Conseil européen, Charles Michel, et le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, ont dénoncé, mardi 19 septembre, l’escalade militaire au Karabakh.
L'Azerbaïdjan a lancé, plus tôt dans la journée, une opération militaire trois ans après la précédente guerre, demandant le retrait « total et inconditionnel » de l’Arménie de cette région disputée.
« Les actions militaires de l'Azerbaïdjan doivent être immédiatement arrêtées pour permettre un véritable dialogue entre Bakou et les Arméniens du Karabakh », a souligné M. Michel sur X (anciennement Twitter).
« Nous appelons à la cessation immédiate des hostilités et demandons à l'Azerbaïdjan d'arrêter les activités militaires actuelles », a ajouté M. Borrell dans un communiqué, prévenant que l’escalade militaire ne devait pas servir de prétexte pour forcer l'exode de la population locale. Plusieurs civils auraient été tués ou blessés depuis le début de l'opération.
Selon le Haut Représentant, il est « urgent » de reprendre le dialogue entre Bakou et les Arméniens du Karabakh. Il a précisé que la violence devait cesser afin de créer un environnement propice aux pourparlers de paix et de normalisation. « Un véritable engagement de toutes les parties est nécessaire pour parvenir à des résultats négociés. L'UE reste pleinement engagée pour faciliter le dialogue », a ajouté M. Borrell.
Dans une déclaration commune, le président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, David McAllister (PPE, allemand), la présidente de la délégation pour les relations avec le Caucase du Sud, Marina Kaljurand (S&D, estonienne), et les rapporteurs sur l'Arménie et l'Azerbaïdjan Andrey Kovatchev (PPE, bulgare) et Željana Zovko (PPE, croate) ont estimé que cette « attaque clairement planifiée, signalée le long de toute la ligne de contact, qui survient quelques heures seulement après les explosions et après des semaines de renforcement militaire azerbaïdjanais et de rhétorique agressive, (était) totalement inacceptable ».
Ils ont appelé à l'arrêt immédiat de toutes les actions militaires et déploré que l'offensive compromette gravement les négociations de paix en cours entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie.
Pour les députés, des négociations directes entre Bakou et Stepanakert sont le seul moyen de faire progresser les relations entre les Arméniens du Haut-Karabakh et l'Azerbaïdjan.
Les députés de la commission 'Affaires étrangères' du Parlement européen débattront ce mercredi 20 septembre de la situation dans le Haut-Karabakh avec le Service européen pour l'action extérieure.
Voir la déclaration des eurodéputés : https://aeur.eu/f/8no (Camille-Cerise Gessant)