Les membres de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen ont été appelés à examiner, mercredi 24 mai, le projet de rapport porté par Lídia Pereira (PPE, portugaise) sur la proposition relative à un cadre de certification de l’UE pour les absorptions de carbone.
Ce texte, soumis par la Commission le 30 novembre 2022 (EUROPE 13074/9), propose un règlement qui viserait à faciliter le déploiement d'absorptions de carbone de haute qualité. La certification reposerait sur quatre critères généraux : la quantification, l'additionnalité et les lignes, le stockage à long terme, la durabilité. La Commission a choisi l'acronyme QU.ALITY afin de désigner cette certification.
Au cours des discussions, si plusieurs eurodéputés ont souligné une amélioration de la présentation de la proposition de la Commission, quelques-uns ont appelé à la vigilance quant au risque de délaisser les réductions d’émissions de carbone que présente l’absorption. Ainsi, le rapporteur fictif Tiemo Wölken (S&D, allemand) a déclaré : « Je soutiens l'idée qu'il faut se concentrer sur la réduction plutôt que sur l'absorption. Nous devons pour cela différencier davantage les trois clauses d'absorption proposées dans la législation ».
Ville Niinistö (Verts/ALE, finlandais), pour qui « il y a encore beaucoup à améliorer dans le projet de rapport », a également argumenté en ce sens : « Le GIEC a reconnu que ces absorptions ne sont pas suffisantes ». Selon le rapporteur fictif, il est essentiel de prendre en compte les risques qui sont associés aux différentes technologies d'absorption ainsi « que l'ensemble du cycle de vie des émissions de CO2 dans les objectifs de durabilité ». Il souligne en outre que « le projet ne présente pas de garantie contre le greenwashing ».
Face à la responsabilité des agriculteurs, au premier plan des mécanismes de l’absorption de carbone, Tiemo Wölken (S&D, allemand) a proposé « un financement fondé sur les activités plutôt que les résultats, tel que cela est proposé actuellement ».
Enfin, d’après certains eurodéputés, à l’instar de M. Niinistö, le projet de rapport n’établit pas de différence entre les absorptions permanentes et les absorptions à court terme, fondées sur les terres. « Les activités ne doivent être définies que comme les stockages permanents et non pas temporaires. Donc, nous devons nous pencher davantage sur ce point », a-t-il demandé.
De son côté, Emma Wiesner a proposé de « créer un rempart entre les fermes à carbone et les absorptions industrielles ». « C'est tout à fait différent d'avoir des puits industriels qui sont stockés dans le sol pendant des milliers d'années et des agriculteurs qui font évoluer leur pratique. Donc il faut bien faire le distinguo », a-t-elle détaillé.
Pour lire le projet de rapport : https://aeur.eu/f/71s (Nithya Paquiry)