Les ministres du Commerce des 27 États membres de l'UE se retrouvent à Bruxelles, jeudi 25 mai, pour une réunion plutôt chargée. À l'ordre du jour : relations avec les États-Unis, avec la Chine, réforme de l'Organisation mondiale du commerce et échange sur les accords commerciaux.
Relations transatlantiques
Le Conseil UE/États-Unis pour le commerce et les technologies (TTC) se réunira pour la quatrième fois les 30 et 31 mai à Luleå, en Suède, et les ministres du Commerce réunis en Conseil auront l'occasion de préparer cette rencontre, en quelque sorte (voir autre nouvelle).
Les ministres espèrent aussi obtenir des réponses de la Commission sur d'autres aspects de la relation, plus ou moins indépendants du TTC, à commencer par les discussions en cours concernant le partenariat sur les matières premières critiques (EUROPE 13129/3). Quelques délégations veulent aussi faire le point sur l'impact de l'Inflation Reduction Act (IRA) sur l'économie européenne, et sur les travaux et du groupe de travail UE/États-Unis sur l'IRA.
Les Vingt-sept souhaitent aussi être informés sur les échanges en cours ayant trait à l'accord global sur l'acier et l'aluminium durables entre l'UE et Washington. Ils veulent rappeler à quel point il est vital de trouver un accord qui assure les intérêts de l'UE alors que l'arrangement provisoire qui suspend les tarifs respectifs sur l'acier et l'aluminium expire en octobre 2023.
Relations avec Pékin
La réunion des ministres sera aussi l'occasion de revenir sur la relation UE/Chine d'un point de vue commercial. Il s'agit aussi de préparer la discussion des dirigeants européens lors du Conseil européen de juin.
Le grand principe de réduction des risques vis-à-vis de la Chine ('de-risking') sans couper les liens '(de-coupling') semble faire consensus parmi les États membres. Les ministres devraient alors explorer les manières de rendre l'économie européenne plus résiliente alors qu'elle dépend encore fortement de la Chine. Il s'agira aussi de voir comment utiliser davantage les outils de défense commerciale existants.
Réforme de l'OMC
Alors que la 13e conférence ministérielle de l'OMC (MC13) se tiendra en février 2024, les ministres devraient faire état des travaux en cours pour arriver à des résultats l'année prochaine. Ceux-ci concernent surtout la réforme du système de règlement des différends, dont l'organe d'appel subit un blocage par Washington depuis plusieurs années.
Les Européens attendent beaucoup de la MC13 et voudraient voir les États-Unis s'engager davantage dans le processus.
L'UE attend également des résultats à l'OMC sur les sujets du numérique et de l'environnement. Sur ce dernier point, les États membres espèrent, par exemple, faire aboutir la deuxième phase de l'accord sur les subventions à la pêche illégale l'année prochaine. Celui-ci devrait être étendu pour viser les subventions contribuant à la surpêche et à la surcapacité.
Accords commerciaux
Comme le veut la tradition, la Commission profitera du déjeuner, jeudi 25 mai, pour informer les ministres sur les accords de libre-échange (ALE) en cours de négociation ou de ratification. Les États membres devraient s'arrêter en particulier sur les cas de l'Australie et du Mercosur.
Pour le premier, la Commission espère conclure les négociations pour l'été. Des difficultés persistent toutefois sur les quotas de certains produits agricoles et sur les indications géographiques.
Quant au second - l'accord UE/Mercosur -, les Vingt-sept attendent des nouvelles de la Commission, qui négocie actuellement avec les partenaires du Mercosur un protocole additionnel sur le respect des chapitres sur le développement durable.
Les négociations avec l'Inde, l'Indonésie et la Thaïlande devraient aussi être évoquées.
De manière plus générale, la question du processus de ratification devrait être soulevée, notamment par la Présidence suédoise du Conseil de l'UE, qui regrette la lenteur de ces procédures.
Enfin, la réunion de jeudi permettra aux ministres du Commerce d'adopter formellement le règlement sur la libéralisation des échanges avec l'Ukraine. Approuvé par les représentants des États membres mercredi 24 mai, ce texte va prolonger d'un an la suspension des tarifs et contingents tarifaires sur les importations provenant d'Ukraine. (Léa Marchal)