« Il a fallu beaucoup de courage politique pour formuler le Pacte vert européen et je pense qu’il en faudra encore plus pour le mettre pleinement en œuvre ». Lors d’une conférence en ligne organisée jeudi 27 avril par l’Agence européenne pour l'environnement, son directeur exécutif, Hans Bruyninckx, s’est exprimé quant aux ambitions européennes en matière de politique climatique.
Selon lui, l''European Green Deal', en ciblant des objectifs pour 2030, constitue un « tremplin pour 2050 ». Cependant, pour mettre en œuvre ces changements profonds, il serait nécessaire, d’après le directeur exécutif de l’AEE, de s’appuyer sur le modèle social européen : « l'Europe sera capable de prouver qu'en tant que communauté de pays démocratiques, d’États de droit, où nous basons les politiques sur la connaissance, la science et les choix rationnels, nous pouvons réaliser le Pacte vert ».
En ayant déjà fait ses preuves à la suite de la Seconde Guerre mondiale, par la création de filets sociaux, de systèmes éducatifs et de santé forts, ce modèle constitue, selon M. Bruyninckx, un cadre de réalisation idéal, dans lequel doit s’inscrire la transition écologique. « Dans le cadre de ce modèle, nous devons être en mesure de montrer que nous pouvons atteindre le type de durabilité proposé par le Pacte vert. C'est pour moi le grand défi de la prochaine Commission, de la prochaine et de la prochaine... », a-t-il affirmé.
En outre, pour M. Bruyninckx, un grand nombre de ces objectifs climatiques européens doivent être traduits au niveau local, dans les programmes nationaux, certes, mais aussi au sein des municipalités. « 80% des citoyens européens vivent dans des villes. Ce niveau est donc très important », souligne-t-il.
Par ailleurs, il est nécessaire, selon lui, de reconsidérer la dimension citoyenne. « On nous dit souvent qu'il faut être clair lorsque l’on s'adresse aux citoyens. C'est vrai. Nous devons le faire aussi bien que possible, et pourquoi ne pas avoir l'idée révolutionnaire d’aussi les écouter ? », interroge le directeur exécutif de l’AEE, qui propose ainsi d’intégrer davantage, dans le processus décisionnel et la réflexion européenne sur les questions climatiques, tant les projets d’initiative citoyenne que les systèmes de soutien au niveau local.
Et à son sens, les opportunités ne manquent pas : « Il y a maintes façons de s'engager avec les citoyens et d'en faire des partenaires essentiels dans ces processus de changement positif ». (Nithya Paquiry)