Une majorité des personnes handicapées sont exclues des emplois de qualité, alerte un rapport du Forum européen du handicap (EDF), publié jeudi 27 avril. En effet, seulement 51,3% des personnes concernées et en âge de travailler détiennent un emploi rétribué. Un taux qui tombe à 49% pour les femmes et à 47,4% pour les jeunes.
« Écart d’emploi »
Si « l’écart d’emploi » entre les personnes handicapées et non handicapées est de 24.4% dans l’UE, il atteint jusqu’à près de 40% dans des pays comme l’Irlande ou la Belgique et ne descend pas en deçà de 18% (Portugal).
Cet écart, souligne le rapport, s’explique notamment par le manque d’accès à l’éducation, la discrimination et l’absence d’aménagements raisonnables. Ce dernier point est, en effet, au cœur des discordes au Conseil de l’UE sur la directive ‘anti-discrimination’ (EUROPE 13165/6, 13071/17) et ne fait pas l’objet de lignes directrices dans la directive sur l’égalité de traitement en matière d’emploi (EUROPE 13065/22).
Rémunération
Le rapport révèle également que les personnes handicapées gagnent moins lorsqu’elles sont employées à cause de la perte de leurs allocations d’invalidité. Or, « le coût de la vie pour les personnes handicapées reste beaucoup plus élevé que pour les personnes non handicapées » en raison des aménagements nécessaires (logement, transports, etc.), rappelle EDF. Il estime ainsi que 47% des personnes concernées ne sont pas en mesure de payer leurs factures.
L’association appelle donc l’UE et ses États membres à permettre aux personnes handicapées de conserver leurs allocations lorsqu’elles occupent un emploi rémunéré.
Emplois protégés
Enfin, EDF condamne les modèles d’emploi protégés, soit des « entreprises qui emploient une majorité de personnes handicapées dans des environnements fermés ». Non seulement les travailleurs sont privés d’opportunités de carrière, mais ils souffrent aussi de mauvaises conditions de travail et de salaires bas.
Pour eux, l’UE devrait promouvoir des modèles d’emplois qui facilitent la transition vers un marché du travail ouvert, tout en promouvant des pratiques efficaces pour accéder à des aménagements raisonnables et en interdisant des rémunérations inférieures au minimum légal.
Le rapport : https://aeur.eu/f/6l6 (Hélène Seynaeve)