La Banque centrale européenne (BCE) a publié, mercredi 26 avril, son étude 2022 sur le marché monétaire de l'euro, qui détaille les évolutions sur ce marché entre janvier 2021 et décembre 2022. L’une des principales indications qui en résultent est la transmission effective des hausses de taux décidées par le Conseil des gouverneurs sur ce marché, particulièrement sur les taux du segment des opérations monétaires non garanties.
L’étude s’est penchée notamment sur les hausses consécutives du taux d'intérêt de la facilité de dépôt (DFR) pour la période étudiée. Le taux DFR était sorti des territoires négatifs où il se situait depuis juin 2014. Il était encore à -0,5% en 2021, au début de la période étudiée, et ce depuis le 18 septembre 2019, et atteignait 2,0% en décembre 2022.
L’étude souligne la transmission rapide et quasiment intégrale des hausses du taux DFR vers les taux du segment non garanti du marché : dans les deux jours qui ont suivi les hausses, les taux non garantis au jour le jour ont reflété 99% des hausses du taux DFR.
L’étude intègre aussi une observation des dynamiques des taux OIS (échanges indexés à très court terme) dans ce contexte. Elle indique cependant que la transmission a été moins uniforme et rapide pour le segment garanti.
Plus globalement, l’étude souligne que, pour la période concernée, le chiffre d'affaires agrégé quotidien sur le marché monétaire de l'euro a augmenté de 23%, passant de 1 000 milliards d'euros en fin 2020 à 1 300 milliards fin 2022. L'activité a augmenté dans les cinq segments du marché monétaire étudiés : les titres garantis, les titres non garantis, les titres à court terme, les swaps de change et les échanges indexés au jour le jour.
L'étude indique également que le segment garanti demeurait le plus important du marché monétaire de l’euro. Les intermédiaires financiers non bancaires ('non-banques') représentent par ailleurs une part croissante du marché.
Lien vers l'étude : https://aeur.eu/f/6lg (Émilie Vanderhulst)