En déplacement en Colombie, où il a participé mardi à une réunion internationale sur la crise politique au Venezuela organisée à l'initiative du président de gauche Gustavo Petro, le Haut Représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, n'a pas exclu, mercredi 25 avril, l'envoi d'une nouvelle mission de l'UE pour observer les élections présidentielles vénézuéliennes en 2024.
L'objectif est que les prochaines élections présidentielles au Venezuela puissent être qualifiées de « justes, transparentes et inclusives », a-t-il déclaré à Bogota. Il a espéré « pouvoir envoyer une autre mission d'observation électorale, car cela signifiera que nos recommandations ont été prises en considération », se référant aux 23 recommandations de la mission que l'UE avait dépêchée fin 2021 pour observer des élections locales et régionales au Venezuela (EUROPE 12896/11).
Selon lui, « il ne s'agissait pas de reconnaître le régime, mais de valider un processus électoral » ayant permis la participation de l'opposition politique emmenée à l'époque par Juan Guaidó.
M. Borrell a également réitéré que la tenue d'élections démocratiques au Venezuela devrait aller « de façon synchronisée » avec la révision des sanctions visant le régime Maduro. Cette position avait déjà été exprimée fin 2022 pour faciliter les discussions au Mexique entre le pouvoir vénézuélien et l'opposition politique, discussions aujourd'hui au point mort (EUROPE 13072/16).
Après avoir renoué les relations diplomatiques entre son pays et le Venezuela, le président colombien a lancé plusieurs initiatives pour tenter d'esquisser une issue à la crise vénézuélienne. Caracas réclame au préalable la levée des sanctions, notamment américaines, qui visent le pays.
Colombie. Sur le plan des relations bilatérales entre l'UE et Bogota, M. Borrell a estimé que, grâce au processus de paix lancé en 2016, la situation politique et sécuritaire en Colombie s'était radicalement améliorée. Il a promis que l'UE, via son envoyé spécial, Eamon Gilmore, continuerait « d'accompagner » les négociations en cours entre les autorités colombiennes et des organisations dissidentes des FARC.
Le Haut Représentant a également annoncé une nouvelle enveloppe financière européenne, d'un montant total de 26,5 millions d'euros, dont 10 millions pour l'aide aux trois millions de réfugiés vénézuéliens présents en Colombie, et 10 millions pour lutter contre la déforestation. (Mathieu Bion)