Le jour du 74e anniversaire de l’OTAN, la Finlande est officiellement devenue son 31e membre.
Après la remise officielle au secrétaire d’État américain du document d’adhésion de la Finlande à l’OTAN, le drapeau finlandais a été hissé devant le siège de l’Alliance aux côtés des 30 autres drapeaux alliés. « C’est un jour historique », a souligné le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.
« L'ère du non-alignement militaire dans notre histoire s'achève. Une nouvelle ère commence », a reconnu le président finlandais, Sauli Niinistö, ajoutant que l'appartenance à l’Alliance était un gage de sécurité pour son pays. « La Finlande, attachée à la sécurité de tous les États membres de l'OTAN, sera un allié fiable, qui renforcera la stabilité régionale », a-t-il promis.
Helsinki était déjà un partenaire de l’Alliance. « La Finlande apporte des forces substantielles et très compétentes, une expertise en matière de résilience nationale et des années d'expérience aux côtés des Alliés de l'OTAN », estime M. Stoltenberg. En tant qu’allié, « la Finlande devra être prête à changer et à s'adapter », a expliqué M. Niinistö, ajoutant qu’il restait encore beaucoup à faire pour intégrer la défense finlandaise dans la défense commune de l'OTAN.
La Finlande et la Suède ont demandé leur adhésion à l’Alliance le 18 mai 2022 (EUROPE 12955/3) et ont été invitées à rejoindre l’Alliance lors du sommet de Madrid, le 29 juin 2022 (EUROPE 12982/1). « Il s'agit du processus d'adhésion le plus rapide de l'histoire moderne de l'OTAN », a rappelé M. Soltenberg.
Si la Suède attend encore les ratifications de son adhésion par les Parlements hongrois et turc, le premier acte de l'allié finlandais a été de signer et de remettre la lettre d’acceptation de la Suède dans l'Alliance. « L'adhésion de la Finlande n'est pas complète sans celle de la Suède. Les efforts persistants en vue d'une adhésion rapide de la Suède se poursuivent », a souligné M. Niinistö, espérant que son voisin nordique adhérera au sommet de Vilnius, en juillet.
Représailles russes
Bien que le président finlandais ait rappelé que l’adhésion de son pays ne visait personne et ne modifiait pas ses fondements ou ses objectifs de politique étrangère et de sécurité, la Russie a promis, mardi, de prendre des « contre-mesures ». La Finlande a plus de 1 300 km de frontière terrestre avec la Russie.
« C'est une nouvelle aggravation de la situation. L'élargissement de l'OTAN est une atteinte à notre sécurité et aux intérêts nationaux » de la Russie, a estimé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Les contre-mesures dépendront « des conditions concrètes de l'intégration (de la Finlande) à l'Alliance atlantique, notamment du déploiement sur son territoire d'infrastructures militaires de l'OTAN et de systèmes d'armement capables de frappes », a précisé la diplomatie russe dans un communiqué. (Camille-Cerise Gessant)