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Bulletin Quotidien Europe N° 13132
POLITIQUES SECTORIELLES / PÊche

Les eurodéputés reprochent à la Commission européenne de ne pas proposer une réforme de la PCP

Une majorité des membres de la commission de la pêche du Parlement européen a reproché à la Commission européenne de ne pas avoir proposé une réforme de la politique commune de la pêche (PCP).

La Commission européenne a présenté, le 21 février, deux documents sur la PCP, un plan d’action visant à protéger et restaurer les écosystèmes marins et une communication sur la transition énergétique (EUROPE 13126/1). 

« Nous avons des avis diamétralement opposés sur la réforme de la PCP », a lancé Gabriel Mato (PPE, espagnol), au nom de son groupe. Selon lui, la Commission est « déconnectée de la réalité » du secteur, qui est au bord de la faillite. Il faut adapter la PCP, à son avis, notamment en ce qui concerne les quotas et le rendement maximal durable (RMD). M. Mato a défendu la durabilité économique et sociale alors que la Commission insiste, selon lui, sur la durabilité et les objectifs environnementaux.

Clara Aguilera (S&D, espagnole) a estimé que la décision de la Commission de ne pas réformer la PCP est politique, et non juridique. « Je ne vois pas pourquoi il ne faut pas la changer ». L’obligation de débarquement ne fonctionne pas et les règles en matière de transparence (réparation des quotas de pêche) doivent être renforcées, a considéré Mme Aguilera. Il n’y a pas de soutien en faveur de la pêche artisanale, a-t-elle regretté, demandant une meilleure définition de cette notion. Le renouvellement de la flotte, pour la sécurité des travailleurs, n’est pas abordé. En outre, l’aquaculture perd du terrain en Europe, selon elle.

Izaskun Bilbao (Renew Europe, espagnole) a plaidé pour une nouvelle PCP adaptée au 21e siècle avec des mesures d’accompagnement. « On a oublié la durabilité sociale et économique de la PCP », selon elle. Mme Bilbao a reproché à la Commission de vouloir supprimer la pêche industrielle de l’UE alors que les importations en provenance de pays tiers ne cessent d’augmenter.

Pour Ladislav Ilčić (CRE, croate), les besoins de l’humain devraient primer. La priorité numéro un devrait être de nourrir les populations, d’après lui. Qui a les moyens d’acheter des navires électriques ? - s’est-il interrogé.

« Sur quelle planète vit la DG MARE ? », a lancé Peter van Dalen (PPE, néerlandais), qui a évoqué la disparition des pêcheurs et la hausse des importations des produits de la pêche en provenance notamment d’Asie. Il a également estimé que les règles sur l’obligation de débarquement ne fonctionnaient pas.

Caroline Roose (Verts/ALE, française), quant à elle, a salué l’approche suivie par la Commission, à savoir « se concentrer sur l’application de la PCP plutôt que de lancer une réforme hasardeuse qui mettrait des années ».

« Je ne sais pas s’il faut réformer la PCP, mais il n’y aura pas d’avenir pour la pêche si on n’accélère pas la régénération de l’océan », a résumé Catherine Chabaud (Renew Europe, française). Il faut aussi accélérer la transition des navires et des engins et elle ne sait pas si la PCP est bien adaptée pour le faire.

Charlina Vitcheva, directrice générale au sein de la DG MARE, a insisté sur le fait que les pêcheurs vivent grâce à la ressource naturelle, laquelle est « limitée ». « Si nous voulons un renouvellement des générations, il faut se préoccuper de la durabilité, de l'innovation (navires modernes) et de la sécurité à bord des navires », a-t-elle martelé.

François-Xavier Bellamy (PPE, français) a critiqué la volonté de la Commission d'interdire le chalutage de fond dans les aires marines protégées entre 2024 et 2030, « une mesure qui condamnerait l’activité de 7 000 navires européens et près d’un tiers de la pêche française ». (Lionel Changeur)

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