La politique de cohésion, parent pauvre de la Présidence suédoise du Conseil de l’UE ? La frustration était palpable, mercredi 25 janvier, en commission du développement régional (REGI) lors de la présentation des priorités par le ministre suédois des Affaires rurales, Peter Kullgren.
« Il est regrettable que la politique de cohésion ne soit pas du tout mentionnée […] dans [vos] priorités », a lancé Younous Omarjee (La Gauche, français) en guise d’ouverture.
Le discours du ministre n’a guère convaincu davantage. Après s’être épanché sur les quatre grandes priorités de la Présidence (sécurité, compétitivité, énergie et valeurs fondamentales), il a annoncé des Conclusions du Conseil sur les défis rencontrés dans le cadre des stratégies macro-régionales (EUROPE 13100/9) pour juin. S’en sont suivies quelques vagues promesses sur le suivi de la communication de la Commission européenne pour la valorisation des talents dans les régions de l’UE (EUROPE 13101/15) et la mise en œuvre des programmes de cohésion 2021-2027.
« Je pensais venir à la réunion REGI, mais peut-être me suis-je trompé », a rétorqué Marcos Ros Sempere (S&D, espagnol), lui demandant de développer ses idées sur la politique de cohésion post-2027, sa flexibilisation et les difficultés d’absorption des fonds.
Même son de cloche du côté de Susana Solís Pérez (Renew Europe, espagnole), qui a interpellé M. Kullgren sur les synergies entre les fonds de cohésion et d’autres fonds, le financement du « fonds souverain européen » (EUROPE 13106/7), ainsi que sur la mise en œuvre de REPowerEU et de SAFE. Sur ce dernier point, le ministre a déclaré qu’il serait « sur la table de la réunion du Conseil de février, avec l'intention de l’adopter ».
Pour ce qui est du blocage du règlement sur le mécanisme transfrontalier européen (ECBM) au Conseil (EUROPE 13022/5), mentionné par Martina Michels (La Gauche, allemande), M. Kullgren a concédé que « le Conseil n'a pas beaucoup d'appétence pour aller de l'avant sur ce front ».
Enfin, interrogé sur sa vision de la politique de cohésion, notamment par Niklas Nienass (Verts/ALE, allemand), le ministre a assuré qu’elle devait rester « une politique de long terme, qui favorise un développement harmonieux dans l'ensemble de l’Union ».
Seul Krzysztof Hetman (PPE, polonais) s’est montré plus clément, saluant l’accent mis sur les conséquences de la guerre en Ukraine. Sa question sur les manières d’assister les gouvernements locaux ukrainiens, « à part plus d'argent », est toutefois restée sans réponse. Le même sort a été réservé aux demandes sur les zones rurales, avancées, entre autres, par Domenico Nesci (CRE, italien).
Le ministre, à défaut de répondre à toutes les interrogations, s’est défendu en soutenant que la « politique de cohésion contribue à toutes les priorités de la Présidence suédoise » et en insistant sur la nécessité de « mettre des priorités ».
M. Omarjee a conclu la réunion en rappelant qu’il n’est « pas trop tard pour envoyer des signaux positifs » et que sa commission serait partante « pour un sommet informel de la cohésion », qui, pour l’heure, ne figure pas à l’agenda de Stockholm. (Hélène Seynaeve)