Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, a estimé, mardi 24 janvier, que l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) ne fonctionnait plus.
« L’accord est une coque vide, personne n’a dit qu’il est mort et enterré, mais aucune obligation n’est suivie », « le degré d’engagement et de mise en œuvre est de zéro », a résumé M. Grossi lors d’une audition devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Il a rappelé que l’Iran avait prévenu qu’il ne respecterait aucune restriction nucléaire en raison du retrait de l'accord des États-Unis en 2018.
Selon le directeur général, en prenant en compte à la fois l’état de l’accord et le non-respect d’obligations de l’Iran vis-à-vis de l’AIEA, « la situation n’est pas vraiment réjouissante ni prometteuse ».
Interrogé sur le fait que l’Iran était proche ou non d’une arme nucléaire, le directeur général a expliqué qu’il fallait être « extrêmement prudent ». « Une chose est vraie : c'est que l’Iran a amassé assez de matériel nucléaire pour plusieurs armes nucléaires, pas pour une seule. Les Iraniens ont 70 kg d’uranium enrichi à 60%, 1000 kg à 20% et plus. Les chiffres sont là, mais cela ne veut pas dire que l’Iran dispose d’une arme nucléaire », a-t-il précisé.
M. Grossi a annoncé qu’il se rendrait peut-être en février à Téhéran pour discuter avec les autorités.
Créer une zone de protection à Zaporijia
Tout juste de retour d’Ukraine, le directeur général est également revenu sur la situation dans le pays, appelant à l’établissement d'une zone de protection autour de la centrale de Zaporijia alors que des combats ont lieu à proximité.
Le site ukrainien, en territoire contrôlé par les Russes, est géré par les Russes, mais l’exploitation est garantie par les Ukrainiens. L’AIEA a mis en place une mission d’appui. « Je ne sais pas pendant combien de temps nous aurons la chance d'éviter un accident nucléaire », a prévenu M. Grossi, justifiant cette zone de protection, « une sorte de bulle, une zone exclue de toute activité militaire, le principe étant de ne pas tirer sur le site ou de placer des munitions dans la zone ».
Il a précisé que les négociations, qui duraient depuis un certain temps, étaient toujours en cours. (Camille-Cerise Gessant)