Devant la commission spéciale COVI du Parlement européen, le vice-président de la Commission européenne, Margarítis Schinás, a énoncé, mercredi 26 octobre, les grands axes de la stratégie renforcée de l'UE pour la santé mondiale, dont le président du Conseil européen, Charles Michel, a annoncé les préparatifs au sommet mondial de la santé de Berlin (EUROPE 13046/25, 12971/24).
« La santé mondiale est le deuxième pilier de notre mandat », a rappelé Kathleen Van Brempt (S&D, belge), présidente de la commission COVI (EUROPE 13044/23, 13042/27).
Cette stratégie sera dévoilée le 30 novembre et constituera le pendant extérieur de l'Union européenne de la santé, a expliqué M. Schinás. Elle devrait permettre à l'UE de continuer à se positionner comme chef de file d'une gouvernance mondiale de la santé - « avec l'OMS en son centre » - en tirant les enseignements de la pandémie de Covid-19 et du contexte géopolitique mondial, marqué par la remise en cause de 'l'ordre mondial fondé sur des règles' que défend l'UE.
L'UE veut se positionner sur la scène internationale comme 'force du bien'. « Nous voulons façonner le rôle de premier plan de l'UE en matière de santé dans le monde entier, dans un paysage géopolitique très complexe. La dimension extérieure de la politique de la santé est passée d’utile à essentielle. Il s'agit d'une question de bien-être pour tous les Européens, mais aussi d'un élément clé de notre économie, de notre compétitivité, de notre cohésion sociale et de notre stabilité. Elle renforce le poids et la marque de fabrique de l'UE en tant que force du bien capable de contribuer à une meilleure santé dans le monde », a déclaré le vice-président chargé de la Promotion du mode de vie européen.
Les objectifs de cette stratégie seront triples :
1) « Regagner le terrain perdu en retournant aux fondamentaux», à savoir : - atteindre la couverture sanitaire universelle, renforcer les soins de santé primaires et investir dans des modes de vie sains ;
2) mettre en œuvre une approche coordonnée mobilisant l'UE, ses États membres et ses institutions financières pour atteindre ces objectifs, ce qui suppose « de penser 'appropriation et responsabilités communes' » ;
3) promouvoir le bon cadre de gouvernance : M. Schinás entend par là « une architecture de gouvernance suffisante, un système multilatéral fort et responsable (accountable) avec l’OMS en son centre, mais aussi les nombreux acteurs des initiatives mondiales prêts à soutenir nos priorités », faute de quoi cela ne fonctionnera pas, a-t-il expliqué.
« Notre préparation et le renforcement de notre capacité en interne doivent être complétés par une action extérieure robuste et déterminée. Les virus ne connaissent pas de frontières et notre action sera toujours inefficace si elle s'arrête aux frontières. C'est le moment de passer à cette action soutenue, incluant la dimension externe de la politique de santé », a-t-il déclaré.
Fin novembre, la stratégie sera présentée par le vice-président Schinás, le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, et les commissaires européennes aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, et à la Santé, Stella Kyriakides. Elle s'accompagnera d'un premier rapport annuel sur l'état de préparation de l'UE aux menaces sur la santé, élaboré par l'HERA, opérationnelle depuis un an seulement.
L'objectif de ce rapport est de contribuer à la mise en œuvre de la coordination et du leadership de l’UE dans la préparation contre les menaces pour la santé, a expliqué le vice-président de la Commission. Ce sera le premier d'une longue série.
Selon M. Schinás, le monde n'en a pas fini avec la Covid-19 et, « même si l'attention publique et politique décline, il convient de garder ce sujet 'en haut de notre agenda politique' ». (Aminata Niang)