Les ministres européens de l'Environnement souhaitent que l'UE contribue à l'obtention d'un accord international ambitieux lors du segment final de la quinzième conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (COP15) à Montréal, mais sont conscients du chemin à parcourir.
La préparation de cette COP a mobilisé la première session de leur réunion informelle, organisée à Prague sur ce qui constitue l'une des priorités de la Présidence tchèque (EUROPE 12990/8, 12990/9).
Tous se sont réjouis qu’une date et un lieu soient enfin arrêtés (Montréal, 5-17 décembre) pour cette COP attendue de longue date, a souligné la ministre tchèque de l'Environnement, Anna Hubáčková, qui a présidé les échanges.
« Nous avons discuté de la meilleure façon de présenter une position de l'UE pour montrer l'exemple et inspirer d'autres partenaires», a-t-elle déclaré en conférence de presse, ajoutant qu'il y a « encore énormément de travail devant nous ».
Soulignant que le temps presse, elle s'est néanmoins dite confiante que la position de négociation de l'UE pourra être arrêtée au 'Conseil Environnement' d'octobre.
Selon elle, les ministres ne sont pas entrés dans les détails de ce qui bloque dans les négociations préparatoires qui ont piétiné à Nairobi en juin à cause de la question du financement : « Nous devons analyser le texte » de Nairobi.
En marge de la session, le commissaire à l'Environnement, Virginijus Sinkevičius, a reconnu que le financement sera le nerf de la guerre. « Il faut intensifier les discussions, d’abord entre nous pour garantir une position claire et parler du financement », a-t-il déclaré. Il a estimé que ce sera « une priorité pour l'UE », tout en mettant en garde contre « l'irréalisme » des 100 milliards de dollars demandés par certains pays tiers (EUROPE 12986/7).
Selon lui, avec sa proposition de règlement fixant des objectifs contraignants de restauration de la nature (EUROPE 12977/17) et sa stratégie pour la biodiversité à l'horizon 2030, l'UE est bien dotée pour être chef de file à Montréal.
« Il faut que nous parlions d’une seule voix, notamment sur les enjeux de la biodiversité et les finances qui vont nous permettre de donner le nécessaire pour notre biodiversité aux niveaux national et international », a estimé la nouvelle Secrétaire d'État française à l’Écologie, Bérangère Couillard.
Les ministres ont ensuite discuté de l’importance de la protection de la nature comme instrument d’adaptation au changement climatique, en liant protection de la nature, des sols et des cours d'eau.
« L'adaptation est d'une extrême actualité, il ne s'agit pas seulement de protéger le climat », a souligné la présidente en exercice du Conseil Environnement. Elle s'est félicitée d'un échange de bonnes pratiques entre les ministres.
Le secrétaire d’État polonais a souligné que la Pologne était l’un des premiers pays à mettre en place sa stratégie d’adaptation. « 40 villes ont préparé leur stratégie avant que cela devienne une obligation au niveau européen. Nous avons un programme pour tenter de limiter l’artificialisation des sols dans les villes », a-t-il précisé. (Aminata Niang)