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Bulletin Quotidien Europe N° 12986
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / BiodiversitÉ

Les eurodéputés s'inquiètent d'une ambition actuellement insuffisante pour un succès de la COP15 de Montréal

Face aux députés européens inquiets du peu de progrès, à Genève comme à Nairobi, dans les négociations internationales sur la biodiversité, préparatoires à un accord mondial, le commissaire européen à l'Environnement, Virginijus Sinkevičius, s'est voulu rassurant, mais pragmatique, mardi 5 juillet à Strasbourg, lors d'une séance de questions sur que faire pour relever le niveau d'ambition

Le commissaire a assuré qu'en dépit d'un manque d'impulsion politique pendant deux ans, « l'élan est toujours présent », tout en appelant à « des objectifs réalistes », accompagnés de financements adéquats et d'un système de suivi rigoureux pour l'exécution.

Il est vrai que le sujet semble 'réchauffé' avec les multiples reports de la quinzième conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (COP15, sous Présidence chinoise), qui devait se tenir en octobre 2020 et devra finalement attendre décembre 2022 à Montréal pour conclure un cadre mondial « ambitieux», comme l'espèrent les eurodéputés.

Dès 2019, ils avaient plaidé pour un accord comparable à celui de Paris pour le climat (EUROPE 12364/7). Maintenant qu'est sur la table une proposition de règlement de l'UE visant la restauration obligatoire d'au moins 20% des zones terrestres et marines (EUROPE 12977/17), comment surmonter la crise de la biodiversité dans d’autres pays du monde sans risquer la délocalisation de la production européenne ? Et la COP15 peut-elle aider à résoudre la crise alimentaire ? - a demandé Alexander Bernhuber (PPE autrichien) à l'entame du débat.

De l'avis du commissaire, l'UE est en mesure d'être leader par l'exemple. « Nous perdons de la biodiversité. C'est une menace pour notre sécurité alimentaire. La restauration des écosystèmes est essentielle à cet égard. Elle garantira la sécurité alimentaire sur le long terme et cela vaut pour toutes les régions du monde », a-t-il estimé. 

En réponse à Cesar Luena (S&D espagnol), qui souhaite un relèvement à 30% de l'objectif de protection des terres et des océans à l'horizon 2030 (EUROPE 12812/7), des investissements massifs de 700 milliards de dollars et l'élimination des subventions nuisibles à la nature, M. Sinkevičius a estimé que 100 milliards de financements par an au lieu des 6 milliards actuels, « c'est irréaliste ». Et d'insister sur l'importance de mobiliser des fonds privés.

De fait, il n'y a pas encore d'accord large entre pays et des efforts de négociation seront requis pour s'accorder sur des objectifs 2030, a-t-il reconnu.

« Nous savons que ce sera compliqué », a dit le commissaire, rappelant que, pour obtenir l'Accord de Paris en 2021, il avait fallu l'échec de Copenhague auparavant (COP15 en 2009) et un dialogue ambitieux. « Nous n’y sommes pas encore pour la COP15 sur la biodiversité », a-t-il précisé.

Catherine Chabaud (Renew Europe, française) et son collègue croate du même groupe, Walter Flego, ont souligné l'importance de préserver les océans et d'aboutir à un accord à ce sujet en août prochain à New York.

Delara Burkhardt (S&D allemande), quant à elle, s'est inquiétée de l'impact sur la déforestation des entreprises européennes grosses consommatrices de matières premières comme le caoutchouc. Le commissaire a indiqué que le règlement de l'UE contre la déforestation importée pourrait, à terme, voir son champ d'application étendu.

Pernille Weiss (PPE, danoise) a demandé ce que prévoit la Commission comme incitants à la recherche et aux entreprises pour être à la pointe de l'innovation.

Le commissaire estime que le marché est là pour y pourvoir. « Je ne pense pas qu'il y ait besoin d'incitants suplémentaires. La voie vers la décarbonation, le marché l'a comprise. Ceux qui sont à la traîne sont ceux qui n'auront pas investi. La demande sera créée par le marché et les solutions viendront du secteur privé », a-t-il affirmé.

Il a également rappelé que le programme Horizon Europe de l'UE finance les activités liées à la transition.

À Aurélia Beigneux (ID, française) qui dénonçait « l'hypocrisie » qu'il y a à affirmer préserver la biodiversité tout en signant des accords de libre-échange, le commissaire a concédé que « beaucoup reste à faire pour intégrer le Pacte vert dans ces accords ». (Aminata Niang)

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