Le président du Conseil européen, Charles Michel, s’est rendu à Skopje, mardi 5 juillet, afin de s'entretenir avec les autorités de Macédoine du Nord de la proposition française de compromis avec la Bulgarie. Le gouvernement macédonien discute actuellement avec les différentes parties prenantes pour savoir si le pays accepte ou non ce compromis (EUROPE 12983/4).
Estimant que la proposition est « une solution équilibrée » qui répond aux principales préoccupations du pays, M. Michel a plaidé l'aval par Skopje, car « cette occasion est trop importante pour être manquée ». « L'objectif est clair : entamer les négociations d'adhésion de la Macédoine du Nord et aller enfin de l'avant pour construire notre avenir commun dans l'UE », a-t-il souligné lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre macédonien, Dimitar Kovačevski.
Le président du Conseil européen a précisé que, si la Macédoine du Nord donnait son accord au compromis, la première conférence intergouvernementale serait organisée « dans les prochains jours ». « Les étapes suivantes suivront immédiatement, notamment le début du processus de screening (d'examen) (...). Les équipes de négociation seront convoquées à Bruxelles sans délai », a-t-il détaillé.
Selon M. Michel, la proposition fait « référence à la langue macédonienne, sans que l'UE ne la qualifie ». « La langue macédonienne est votre langue et la proposition la respecte. L'acquis, la législation européenne seront tous traduits en macédonien », a-t-il expliqué. De plus, « très conscient » des inquiétudes concernant l’identité nationale macédonienne, le président du Conseil européen a apporté son soutien total pour défendre systématiquement les droits légitimes des Macédoniens.
« Quant au respect des minorités, il est inscrit dans le traité de l'UE », a-t-il rappelé, soulignant les progrès de Skopje dans ce domaine. Selon M. Michel, la modification de la constitution macédonienne « déclenchera automatiquement, sans qu'il soit nécessaire de prendre une autre décision, la deuxième conférence intergouvernementale et cela complétera automatiquement l'ouverture des négociations ». La Bulgarie veut l’inclusion de la minorité bulgare dans la Constitution. (Camille-Cerise Gessant)