Les plans annoncés par l’Allemagne, l’Autriche, la France et les Pays-Bas visant à augmenter la production d’électricité à partir du charbon en cas d’arrêt soudain de l’approvisionnement en gaz russe n’auraient qu’un impact limité sur les émissions de CO2 de l’Union européenne, indique un rapport publié par le centre de réflexion Ember mercredi 13 juillet.
Même dans le scénario le plus pessimiste où les centrales à charbon mobilisées fonctionneraient à leur niveau maximal tout au long de 2023, les émissions nettes supplémentaires de CO2 seraient d’environ 30 millions de tonnes, estime Ember, ce qui ne représente que 1,3% des émissions totales de CO2 de l’UE en 2021 et 4% des émissions annuelles du secteur de l’électricité.
Sur base des annonces des États membres, le rapport souligne que 14 GW de centrales au charbon pourraient être mobilisés, ajoutant 1,5% à la capacité totale de production d’électricité installée dans l’UE (920 GW). La majorité se trouve en Allemagne, qui a approuvé une capacité de réserve de 8 GW.
En fonctionnant à 65% de leur capacité tout au long de l’année 2023, ces centrales produiraient collectivement 60 TWh d’électricité à partir du charbon.
Ces résultats n’empêchent pas Ember de critiquer l’UE, qui « se retrouve dans cette situation urgente en raison des erreurs passées en matière de politique énergétique ».
« Malgré de nombreux signaux d’alarme, les États membres de l’UE ont ignoré les risques d’une dépendance excessive vis-à-vis des importations de gaz et ont négligé la nécessité de les remplacer rapidement par des énergies renouvelables nationales », a ainsi déploré Sarah Brown, analyste principale chez Ember.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/2m7 (Damien Genicot)