Les ministres de l’Environnement des Vingt-sept, conviés à Prague mercredi 13 juillet pour une réunion informelle du 'Conseil Environnement', ont exploré les moyens d’aider l’Ukraine à atténuer immédiatement les dégâts environnementaux causés par la guerre déclenchée par la Russie, puis à y remédier à long terme.
L’impact environnemental de ce conflit, avec son lot de destructions d’infrastructures et de pollutions, a fait l’objet d’une session de travail à laquelle était invité le ministre ukrainien de l’Écologie et des Ressources naturelles, Ruslan Strilets (EUROPE 12990/8).
« Nous nous sommes accordés pour dire qu'il faut aider l'Ukraine autant que possible », a déclaré la ministre tchèque de l'Environnement, Anna Hubáčková, en conférence de presse, faisant état des inquiétudes du ministre ukrainien, partagées avec ses collègues, notamment par la projection d'images pour illustrer son propos.
Interrogée sur les modalités de l'aide qui pourrait être apportée, la présidente en exercice du 'Conseil Environnement' a cité, parmi les idées avancées, la proposition de cartographier des différents écosystèmes, une tâche à laquelle le Bureau européen de l'environnement est prêt à participer, tout comme les instituts de recherche tchèques.
Mme Hubáčková a aussi cité la protection des écosystèmes et leur restauration après la guerre, la restauration des infrastructures d'eau potable, l'assainissement de l'eau et la dépollution des sols.
« D'autres pays ont proposé de l'aide financière à travers des projets communs », a-t-elle précisé, soulignant que ces projets « pourront être coordonnés, étant donné les nombreuses offres similaires ».
Toutefois, selon elle, le ministre ukrainien « n'a pas demandé un montant spécifique » et les ministres n'ont pas avancé des sommes portant sur des millions.
« Je veux montrer à mes collègues ce qu’est le vrai visage de la guerre. J’ai certains chiffres des dommages environnementaux. Notre armée est sur la ligne de front, mais nous, au ministère de la Protection de l’environnement, calculons tous les dommages et préparons un plan de réhabilitation. Et après la guerre, quand nous aurons gagné, nous commencerons à faire de ce plan une réalité », avait déclaré à la presse le ministre ukrainien à son arrivée.
Le commissaire européen à l'Environnement, Virginijus Sinkevičius, n'a pas participé à la conférence de presse.
Il avait rappelé à son arrivée que l’Ukraine est déjà associée au programme LIFE depuis le 24 juin et pourra donc bénéficier de cofinancements pour des projets environnementaux et climatiques (EUROPE 12979/17).
« Ce n’est pas un grand fonds, mais il peut certainement soutenir les efforts de restauration. Nous devons toutefois prendre en compte tous les problèmes environnementaux. La destruction des installations de traitement de l’eau, des entrepôts de produits chimiques, etc. Tout cela a un impact à long terme », avait-il souligné.
Plusieurs États membres de l'UE aident déjà l’Ukraine, à l’instar de l’Autriche, par exemple, dont la ministre, Leonore Geweissler, a souligné que son pays soutient déjà un laboratoire spécialisé dans l’analyse chimique de l’eau pour obtenir des données sur l’état des pollutions de l’eau potable et des eaux souterraines.
Au-delà de l’expertise fournie, il convient d’avoir une perspective de long terme sur ce qui peut être fait pour accroître l’assistance, a-t-elle estimé.
La Pologne, pour sa part, a déjà fourni les équipements dont l’Ukraine a besoin pour répertorier l’impact environnemental de la guerre. « Nous avons aussi offert du soutien en ressources humaines pour procéder à l’évaluation. C’est ce type de mesure que nous pouvons prendre à ce stade », a déclaré le Secrétaire d’État polonais, Adam Stefan Guibourgé-Czetwertyńsk, ajoutant qu’ il faudra attendre la fin de la guerre « pour que l’UE puisse soutenir la restauration verte et la reconstruction verte » de l'Ukraine.
La Finlande se tient prête à aider l'Ukraine. « Nous examinons les capacités dont nous disposons et les domaines dans lesquels nous pourrions apporter notre aide », a indiqué, quant à elle, la Secrétaire d'État finlandaise, Terhi Lzhtonen. (Aminata Niang)