Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a souligné, mercredi 13 juillet, la coopération entre son organisation et l’UE.
« On en fait plus qu’on n’en a jamais fait par le passé », a-t-il souligné lors d’une audition au Parlement européen, expliquant aussi qu’il était important de coordonner les actions des deux organisations (EUROPE 12975/32). Il a précisé que l’UE et l’OTAN travaillaient ensemble sur la cybersécurité, le Kosovo, en mer Égée. De plus, « la crise en Ukraine a apporté la preuve de la qualité de notre coopération », a-t-il estimé.
La veille, devant les députés européens, le secrétaire général du Service européen pour l’action extérieure, Stefano Sannino, avait estimé que l’évaluation des menaces des deux organisations coïncidait « parfaitement ». Cela montre la nécessité d’une coopération très étroite, a-t-il expliqué, balayant de la main les inquiétudes de chevauchement des deux organisations. « Il y a besoin de complémentarité entre ce que font l’UE et l’OTAN », a ajouté le secrétaire général.
Selon M. Sannino, maintenant que la 'Boussole stratégique' de l’UE et le concept stratégique de l’OTAN ont été adoptés, les deux organisations sont prêtes à avancer sur l’adoption de leur déclaration conjointe, déclaration que la République tchèque aimerait voir adopter sous sa Présidence de l’UE.
« Je pense que cette déclaration devrait être un document relativement direct, rappelant le contexte géopolitique auquel nous sommes confrontés, les domaines et la coopération que nous avons développés et prévus et les nouveaux domaines dans lesquels nous aimerions travailler ensemble », a-t-il résumé.
M. Sannino a précisé que les nouveaux domaines étaient les menaces hybrides, l'espace, les technologies perturbatrices, l'impact de l'environnement et du changement climatique sur la sécurité. « Ce serait un signal très fort de notre unité transatlantique », a-t-il estimé. Le représentant du SEAE a en outre mis en avant la mobilité militaire « qui devrait être au centre même de notre travail commun ». Il a ajouté qu’il y avait aussi des consultations sur les éléments pratiques de la coopération : la résilience, la communication stratégique et la lutte contre la désinformation et les ingérences étrangères, la cohérence des résultats des processus de planification de la défense et des efforts de développement des capacités.
Le secrétaire général du SEAE est aussi revenu sur l’importance du dialogue politique entre les deux organisations et entre leurs dirigeants. Il a ainsi rappelé la tenue, lors du sommet de l’OTAN à Madrid, du premier dîner transatlantique des dirigeants, « inclusif, avec tous les Alliés et tous les États membres de l’UE ». « Cela a permis de lancer un message très fort quant à l’unité transatlantique et au fait que nous sommes ensemble face à ce même défi (l’attitude de la Russie, NDLR) et qu’il n’est pas l’heure d’être en concurrence, mais plutôt de coopérer », a expliqué M. Sannino. Il a espéré que cette expérience se reproduise. (Camille-Cerise Gessant)