Après les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, lundi 22 mars, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN – dont 21 sont également membres de l’UE – se retrouveront à Bruxelles, mardi 23 et mercredi 24 mars.
Cette réunion sera aussi la première du nouveau secrétaire d’État américain, Antony Blinken, l’occasion « d'ouvrir un nouveau chapitre dans les relations transatlantiques », a déclaré le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, lundi 22 mars.
Lors de la rencontre, les ministres se pencheront, comme l’ont fait il y a quelques semaines leurs homologues à la Défense, sur l’avenir de l’Alliance, à l’horizon 2030 (EUROPE 12658/8). Ils discuteront notamment de la manière de soutenir l’adaptation de l’Alliance aux changements géopolitiques, à travers l’augmentation du financement commun de la dissuasion et de la défense et du renforcement du pan politique de l’Alliance.
Les ministres commenceront également les travaux d’actualisation du concept stratégique de l’OTAN, dont la dernière mise à jour date de 2010. L’objectif, selon M. Stoltenberg, est de pouvoir « faire face ensemble à l'évolution de l'environnement de sécurité » et de s’engager « à respecter nos valeurs fondamentales ».
Grande nouvelle priorité de l’Alliance, la réunion reviendra sur le changement climatique et ses conséquences sur la sécurité (EUROPE 12651/23). Selon M. Stoltenberg, les ministres devraient adopter un document d'orientation sur l’approche de l’OTAN en la matière.
« Nous devons aller plus loin et faire en sorte que l'OTAN joue un rôle de premier plan lorsqu'il s'agit de comprendre, d'adapter et d'atténuer l'impact du changement climatique sur notre sécurité », a déjà prévenu le secrétaire général.
Les ministres seront rejoints par leurs homologues finlandais et suédois et par le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, mercredi, pour discuter des relations avec la Russie.
« La Russie continue de réprimer les dissidents pacifiques sur son territoire et affiche un comportement agressif à l'étranger, notamment par des cyberattaques, et des tentatives d'ingérence dans nos élections et d'affaiblissement de nos démocraties », a dénoncé M. Stoltenberg, qui a rappelé la double approche de l’Alliance envers Moscou : une dissuasion et une défense fortes et une ouverture à un dialogue constructif, y compris sur des questions telles que la maîtrise des armements.
La situation en Afghanistan sera également débattue entre Alliés, alors que, selon l’accord entre les États-Unis et les talibans, les forces étrangères devraient avoir quitté le pays pour le 1er mai.
« Les ministres poursuivront leurs consultations sur la situation en Afghanistan et notre présence militaire, afin d'évaluer ensemble les prochaines étapes », a expliqué M. Stoltenberg. Il a prévenu qu’il n’y avait pas de « choix facile » et que « toutes les options (restaient) ouvertes » (EUROPE 12661/4).
Enfin, les Alliés feront le point sur le soutien qu’apporte l’OTAN dans la lutte contre le terrorisme à ses partenaires, notamment l’Irak, la Jordanie et la Tunisie, et ils examineront ce qu’ils pourront faire davantage. (Camille-Cerise Gessant)