Le Conseil de l’Union européenne a sanctionné, lundi 22 mars, onze responsables birmans du coup d’État du 1er février et de la répression à l’encontre des manifestants pacifiques qui a suivi et se poursuit dans le pays.
« Le nombre de meurtres a atteint une ampleur insupportable », a notamment expliqué le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, pour justifier l’adoption des mesures restrictives qui se composent d’un gel des avoirs et d’une interdiction de visa. Selon le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, 250 personnes ont été tuées par l'armée.
Parmi les personnes qui font l'objet des sanctions, dix appartiennent aux forces armées (Tatmadaw), dont le commandant en chef, Min Aung Hlaing, et son adjoint, Soe Win. Le général de corps d’armée Myint Swe, ancien vice-président du pays jusqu’au 1er février 2021 et actuel président par intérim est aussi sanctionné, tout comme le général de corps d’armée Sein Win, ancien ministre de la Défense, et son successeur à ce poste, le général Mya Tun Oo.
Le seul civil faisant l’objet de mesures est le nouveau président de la Commission électorale de l'Union, Thein Soe, pour son rôle dans l'annulation des résultats des élections de 2020,.
Afin de pouvoir adopter ces sanctions, l’UE a élargi les critères de désignation au-delà des violations des droits de l'homme. Elle peut désormais sanctionner les « personnes physiques dont les actions, les politiques ou les activités compromettent la démocratie ou l’État de droit, ou qui mènent ou soutiennent des actions qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité en Birmanie ».
De même, « les personnes morales, les entités ou les organismes qui sont la propriété des forces armées birmanes ou que celles-ci contrôlent ou qui génèrent des recettes pour lesdites forces armées, leur apportent un soutien ou tirent avantage de celles-ci » peuvent aussi faire l’objet d’un gel de leurs avoirs.
Selon M. Borrell, de telles mesures devraient être «bientôt » adoptées par l'UE.
Voir la décision : http://bit.ly/3f5uL4D (Camille-Cerise Gessant)