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Bulletin Quotidien Europe N° 12658
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Otan

Avenir de l’Alliance, missions en Afghanistan et en Irak, dépenses, au menu de la réunion des ministres de la Défense

Le nouveau secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, s’entretiendra avec ses homologues de la Défense pour sa première réunion ministérielle de l’OTAN, mercredi 17 et jeudi 18 février.

Mercredi, les ministres discuteront de l’avenir de l’Alliance et des propositions du secrétaire général, Jens Stoltenberg, concernant l’OTAN à l’horizon 2030.

Lundi 15 février, devant les médias, M. Stoltenberg a présenté ses idées. Le secrétaire général souhaite tout d’abord que le financement de l’OTAN soit augmenté pour les activités essentielles de dissuasion et de défense. « Cela permettrait de soutenir les déploiements alliés dans nos groupes de combat dans la partie orientale de notre Alliance, la police aérienne, les déploiements maritimes et les exercices », a-t-il expliqué.

M. Stoltenberg plaide aussi pour l’adoption d’objectifs nationaux de résilience plus clairs et plus mesurables pour garantir une norme minimale de résilience partagée entre les Alliés. Selon lui, un examen annuel des vulnérabilités des infrastructures et des technologies essentielles de l'Alliance, y compris celles découlant de la propriété et de l'influence étrangères, devrait être réalisé.

Afin de préserver l’avance technologique des Alliés, le secrétaire général entend proposer une initiative d'innovation de défense de l'OTAN pour promouvoir l'interopérabilité et stimuler la coopération transatlantique en matière d'innovation de défense.

M. Stoltenberg veut également rendre l’Alliance plus politique et proposera des moyens pour accroître la coordination politique entre les Alliés, avec davantage de consultations sur un plus grand nombre de questions, y compris les questions économiques liées à la sécurité. « Nous avons mis en place les procédures nécessaires pour y parvenir aujourd'hui. Mais ce dont nous avons besoin, c'est d'une plus grande volonté politique pour les utiliser », a expliqué M. Stoltenberg. Les ministres de l’Intérieur ou les conseillers à la sécurité nationale pourraient également se rencontrer dans le cadre de l'OTAN, selon lui. 

Selon le secrétaire général, pour faire face aux défis mondiaux, une approche plus globale est nécessaire, et l’Alliance doit donc renforcer son dialogue politique et sa coopération pratique avec des partenaires partageant les mêmes idées, afin de « promouvoir nos valeurs et de protéger nos intérêts ». Le secrétaire général compte aussi renforcer la formation et les capacités des pays partenaires dans le voisinage de l'Alliance.

L’Alliance devrait se pencher sur les implications du changement climatique en matière de sécurité, a ajouté M. Stoltenberg, qui veut proposer que l’OTAN contribue à l'objectif de zéro émission nette de carbone et qu'elle procède à une évaluation annuelle de l'impact que le changement climatique pourrait avoir sur les troupes et les déploiements (EUROPE 12651/23).

Enfin, M. Stoltenberg recommande d’actualiser le concept stratégique de l'OTAN « pour faire face en commun à l'évolution de l'environnement stratégique, s'engager à nouveau à respecter nos valeurs et renforcer le lien transatlantique ». Le concept stratégique actuellement en vigueur date de 2010.

La proposition finale pour l’OTAN à l’horizon 2030 sera présentée lors du sommet de l’Alliance, prévu plus tard dans l’année.

Dépenses de défense et missions en Afghanistan et en Irak

Jeudi, les ministres de la Défense s’entretiendront du partage plus équitable des charges au sein de l'Alliance et examineront les progrès accomplis. « 2021 sera la septième année consécutive d'augmentation des dépenses de défense. Depuis 2014, les Alliés européens et le Canada ont apporté une contribution supplémentaire cumulée de 190 milliards de dollars américains », s’est félicité M. Stoltenberg. Cette année, neuf Alliés devraient consacrer 2% de leur PIB à la défense et 24 dépenser au moins 20% de leurs investissements en équipements (EUROPE 12586/24). L’ambition convenue entre les Alliés est d’atteindre ces objectifs de 2% et 20% d’ici 2024.

Enfin, les ministres feront le point sur les missions de l’Alliance en Afghanistan et en Irak et évalueront la situation sur le terrain.

En Afghanistan, « nous continuerons à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de nos troupes. Et nous envisagerons les prochaines étapes de manière délibérée et coordonnée », a souligné M. Stoltenberg. Il a rappelé que les Alliés ne souhaitaient pas rester dans le pays plus longtemps que nécessaire, mais qu’ils ne partiraient pas non plus avant le moment opportun. L’accord entre les États-Unis et les talibans de fin février 2020 porte notamment sur le retrait des troupes américaines et alliées d’Afghanistan sous 14 mois – soit d’ici mai 2021-, si les insurgés respectent les termes de l'accord (EUROPE 12437/9), mais la situation est encore fragile sur place et le niveau de violence très élevé, y compris en raison d’attaques des talibans. 

Concernant la mission en Irak, selon le secrétaire général, les ministres devraient convenir de « lancer une mission élargie, avec davantage de personnel allié formant et conseillant un plus grand nombre d'institutions de sécurité dans tout le pays ». « La mission s'élargira progressivement, en fonction de la situation », a-t-il ajouté, précisant que cela faisait suite aux demandes du gouvernement irakien et à une coordination étroite avec la coalition mondiale.

Les Alliés s’entretiendront également avec leurs collègues finlandais, suédois et le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité. (Camille-Cerise Gessant)

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