Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) recommande le port du masque contre la Covid-19 dans les endroits confinés et estime que celui-ci peut être envisagé dans des endroits extérieurs très fréquentés. L'agence de l'UE ajoute néanmoins que ces masques doivent compléter, et non remplacer, les autres mesures de restriction, eu égard notamment au manque de preuves scientifiques.
C'est ce qui ressort d'une opinion publiée lundi 15 février, qui met à jour une première évaluation publiée au printemps 2020 (EUROPE 12457/7).
Des données scientifiques limitées
Le centre européen passe en revue les différents types de masques. Il note d'abord que les masques chirurgicaux (ou masques médicaux) offrent un effet protecteur « faible à modéré » contre la Covid-19, à la fois en termes de protection personnelle et de contrôle à la source (protection des autres), sachant que le degré de preuve est lui-même faible à modéré.
L'agence juge ensuite l'efficacité des masques filtrants faciaux (FFP) « faible à modérée ».
Enfin, les preuves de l'efficacité des masques non médicaux pour la prévention de la Covid-19 sont rares. Des preuves indirectes limitées issues d'études expérimentales ont montré que les masques faciaux non médicaux, comme les masques en tissu faits maison, peuvent diminuer le rejet dans l'environnement de gouttelettes respiratoires, bien qu'il y ait des preuves contradictoires sur l'efficacité relative des masques faciaux médicaux par rapport aux masques non médicaux.
L'agence note en outre un manque de preuves scientifiques sur l'efficacité des visières et des masques faciaux transparents pour la prévention de la Covid-19.
Recommandations
Dans ce contexte, l'ECDC se refuse à choisir entre les masques médicaux ou non médicaux. Le centre estime que, dans les zones à haute transmission comunautaire, le port d'un masque médical ou non médical est recommandé dans les espaces publics fermés et doit être envisagé dans les espaces extérieurs. Il est aussi recommandé pour les personnes vulnérables, pour les personnes âgées.
Les preuves scientifiques très limitées concernant l'utilisation de respirateurs (masque filtrant facial, FFP) dans la communauté ne justifient pas leur utilisation obligatoire à la place d'autres types de masques faciaux dans la communauté.
« Bien que l'on ne s'attende pas à ce que les respirateurs soient inférieurs aux masques non médicaux ou médicaux, les difficultés à garantir leur ajustement et leur utilisation appropriés dans les milieux communautaires ainsi que les effets indésirables potentiels liés à une respirabilité réduite doivent être pris en compte », ajoute l'agence.
Lien vers l'avis renouvelé de l'ECDC : https://bit.ly/3ajHuhA (Sophie Petitjean)