Le Haut-Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a salué, le 29 février, la conclusion, le même jour à Doha (Qatar), de la déclaration commune Afghanistan-États-Unis pour la paix et du règlement entre les États-Unis et les talibans.
Les États-Unis et les talibans sont convenus du retrait des troupes américaines et alliées d’Afghanistan sous 14 mois, si les insurgés respectent les termes de l'accord, y compris l'ouverture de discussions avec le gouvernement afghan en vue d’une paix durable. Celui-ci, qui n’est pas signataire de l’accord, a d’ores et déjà refusé la clause qui demande aux talibans de libérer jusqu’à 1000 prisonniers et le gouvernement 5000.
Ces accords « constituent de premières étapes importantes vers un processus de paix global, dont les négociations intra-afghanes sont le pivot », souligne M. Borrell dans une déclaration au nom de l’UE. « Il ne faut pas laisser passer l'occasion actuelle de progresser vers la paix », prévient-il, espérant que les négociations, menées par les Afghans, débutent « sans délai, de manière inclusive et dans le but d'instaurer une paix durable qui pourrait créer un environnement de sécurité et de stabilité pour tous les Afghans ». Les négociations entre le gouvernement afghan et les talibans doivent débuter le 10 mars, selon l'accord.
« La poursuite de la réduction de la violence et son extension sous la forme d'un cessez-le-feu constituent une condition nécessaire à la confiance entre les parties aux négociations », ajoute-t-il. Alors que le gouvernement afghan a annoncé, le 1er mars, la poursuite de la trêve partielle qui tient depuis une semaine, le 2, les talibans ont prévenu qu'ils y mettaient fin et reprenaient les hostilités.
De plus, ce processus de discussion doit être ouvert à toutes les factions politiques, un processus « dans lequel les femmes et les minorités afghanes ainsi que la société civile, sont notamment représentées de manière significative » et lors duquel le respect de l'ordre constitutionnel et de l'État de droit est primordial, estime M. Borrell. Selon lui, la solution politique devra respecter les droits de l’homme et de la femme et prendre en compte les griefs communs.
Soulignant que l’unité est essentielle, M. Borrell appelle tous les acteurs à unir leurs forces pour la période à venir. « Toutes les parties prenantes devraient placer les intérêts de la nation au-dessus de toute autre considération, car il s'agit de la responsabilité collective de toutes les forces politiques afghanes », explique-t-il, ajoutant qu’il est essentiel que tous les Afghans se sentent représentés dans le prochain gouvernement et dans les négociations de paix.
Le Haut-Représentant annonce également la disponibilité de l’UE à faciliter et soutenir le processus de paix « dans le but de préserver et de mettre à profit les acquis politiques, économiques et sociaux du peuple afghan depuis 2001, qui devraient être irréversibles ». (Camille-Cerise Gessant)