Les ambassadeurs des États membres de l'UE sont convenus, lundi 2 mars, d'organiser une réunion extraordinaire du Conseil des 'Affaires étrangères' afin de discuter de la situation à Idlib, vendredi 6 mars, exceptionnellement à Zagreb.
La réunion aura lieu dans la capitale croate, car elle se tiendra à l’issue du Conseil informel (Gymnich) prévu de longue date, mais désormais réduit à une seule journée, le 5, et qui abordera notamment les relations avec la Turquie et la Russie.
Dimanche 1er mars, alors que la Turquie a décidé de laisser partir les migrants vers l’UE à la suite de l’escalade des tensions dans le nord-ouest de la Syrie (voir autre nouvelle), le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a confirmé la convocation d’une telle réunion.
Selon M. Borrell, ce Conseil, convoqué « en particulier à la demande du ministre » grec Nikos Dendias, sera « l'occasion de se concentrer sur les derniers développements et de poursuivre notre travail commun sur tous les fronts ». « Nous devons veiller à ce que notre action collective ait le plus grand impact possible, si nous voulons faire face efficacement à la crise et contribuer à ouvrir la voie à une solution politique », a-t-il expliqué dans une déclaration publiée dimanche.
De plus, l’UE doit redoubler d'efforts pour faire face à la « terrible crise humaine » que connaît la population syrienne à Idlib « avec tous les moyens à sa disposition », a-t-il ajouté. Le Haut Représentant a ainsi déjà annoncé que l’UE devait continuer à mobiliser des ressources pour réduire « la souffrance » des civils en fournissant abris, nourriture et médicament.
Au-delà de l’action européenne, le Haut Représentant a rappelé que « la reprise actuelle des combats à Idlib et dans ses environs représentait une grave menace pour la paix et la sécurité internationales ». « Cela cause une souffrance humaine indescriptible au sein de la population et a de graves répercussions sur la région et au-delà », a-t-il dénoncé, appelant également à un accès humanitaire, y compris dans les zones les plus reculées.
Alors que le régime et ses alliés regagnent petit à petit tout le territoire syrien, M. Borrell a une nouvelle fois rappelé que la seule solution à la crise était politique et que tout le monde, en particulier le régime syrien, devait se réengager « de manière urgente » dans un processus politique sous les auspices des Nations Unies.
Les dirigeants européens ont multiplié les contacts depuis vendredi. M. Borrell s’est entretenu avec les ministres des Affaires étrangères turc et russe, alors que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, tout comme le président du Conseil européen, Charles Michel, ont discuté avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan.
Selon un communiqué, lors de cet appel, M. Michel a exprimé ses condoléances au président pour la mort d’une trentaine de soldats et « sa profonde inquiétude pour les souffrances humaines indicibles que les combats en cours ont causées à Idlib ». Le président du Conseil européen a donc appelé tous les acteurs à désamorcer la situation et à s'engager en faveur d'un cessez-le-feu durable et d'une solution politique conforme aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. M. Michel a également rappelé que l’UE était prête à renforcer son soutien humanitaire, ajoutant que la fourniture d’une aide et l’accès aux populations dans le besoin étaient une « priorité essentielle ».
Les présidents turc et russe, eux, doivent se rencontrer jeudi, avec pour objectif d'apaiser les tensions dans le nord-ouest de la Syrie. (Camille-Cerise Gessant)