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Bulletin Quotidien Europe N° 12676
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ÉCONOMIE - FINANCES / Bce

Opération PEPP, l'institut monétaire décide de « nettement » augmenter le rythme des rachats de titres 

En réponse à la remontée des taux d'intérêt observée sur les marchés, le Conseil des gouverneurs de la BCE a décidé à l'unanimité, jeudi 11 mars, de « nettement » augmenter au trimestre prochain le rythme des rachats de titres essentiellement souverains dans le cadre de l'opération PEPP initiée au printemps 2020 pour contrer les turbulences financières déclenchées par la pandémie de Covid-19.

« Sur la base d'une évaluation conjointe des conditions de financement et des perspectives d'inflation, le Conseil des gouverneurs prévoit que le rythme des achats effectués au titre du PEPP soit nettement augmenté au cours du trimestre à venir par rapport aux premiers mois de l'année », a déclaré la présidente de la BCE, Christine Lagarde.

Insistant sur la flexibilité de l'opération PEPP, elle a rappelé que l'institut monétaire disposait encore d'une force de frappe d'environ 1 000 milliards d'euros dans le cadre de cette opération dotée au total d'une enveloppe de 1 850 milliards d'euros et qui a été prorogée jusqu'au mois de mars 2022 au moins (EUROPE 12620/8).

Elle a toutefois refusé de quantifier l'adverbe 'nettement', soulignant plusieurs fois l'engagement de l'institut monétaire à respecter sa mission première en matière d'inflation - « l'ancre » - tout en maintenant des conditions de financement favorables - « la boussole » - pour les opérateurs économiques partout dans la zone euro.

« Nous ne sommes pas liés par un chiffre en particulier », a fait valoir Mme Lagarde. Selon elle, la modification importante du rythme de rachat ne sera pas tout de suite observable, la BCE s'étant fixé « le trimestre » comme horizon temporel, puisque, tous les trois mois, de nouvelles données économiques sont disponibles.

Les annonces de la BCE ont eu un fort impact à la baisse sur les taux d'intérêt des titres souverains. Mme Lagarde s'est toutefois défendue de toute tentative de la BCE de contrôler les rendements obligataires ('yield-curve control').

Cette réponse est-elle à la hauteur de l'appel de Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, qui avait récemment appelé de ses vœux une politique monétaire plus ambitieuse, s'inspirant du titre 'Harder, Better, Faster, Stronger' du groupe Daft Punk ? « Cela correspond », a estimé Mme Lagarde.

Jeudi, l'institut monétaire a présenté ses prévisions de printemps en matière de croissance et d'inflation. Il prévoit ainsi un fort rebond de l'activité économique en 2021 à la faveur des campagnes de vaccination contre la Covid-19 et de la levée progressive des restrictions sanitaires, malgré le degré d'incertitude, qui demeure élevé. Selon la BCE, le PIB de la zone euro croîtra de 4,0% en 2021, de 4,1% en 2022 et de 2,1% en 2023, un scénario relativement inchangé par rapport à ses prévisions de décembre 2020. Ces prévisions n'incluent pas l'impact du plan de relance américain qui vient d'être mis en place par l'administration Biden.

Concernant la hausse des prix, la BCE a revu à la hausse ses prévisions d'inflation pour 2021 et 2022, respectivement à 1,5 et 1,2%, tout en maintenant inchangée à 1,4% sa prévision pour 2023. « Dans l'ensemble, les pressions (sur les prix) devraient rester modérées », estime-t-elle.

Climat. L'ancienne patronne du FMI a été interrogée sur la politique de l'institut monétaire en matière de lutte contre les dérèglements climatiques, au lendemain de l'action de Greenpeace qui, la veille, avait critiqué l'attitude de l'institution européenne vis-à-vis des entreprises actives dans les énergies fossiles (EUROPE 12675/25).

« Nous sommes presque unanimes au sein du Conseil des gouverneurs pour dire que les impératifs liés au climat sont... impératifs. C'est le plus gros défi que nous devons affronter », a assuré Mme Lagarde. Même si la mission première de la BCE demeure la lutte contre l'inflation, la question climatique doit être prise en compte afin de garantir « l'intégrité des prix, une bonne gestion des risques, une supervision appropriée », a-t-elle ajouté.

Même chose sur la façon de valoriser les garanties ('collaterals') que les banques apportent à la BCE lorsqu'elles se refinancent à son guichet. (Mathieu Bion)

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