L’ONG Greenpeace a appelé la Banque centrale européenne (BCE) à modifier ses règles relatives aux garanties ('collateral') que les banques privées lui fournissent lorsqu’elles se refinancent auprès d’elle, afin de cesser de « favoriser » les entreprises de combustibles fossiles, mercredi 10 mars, à la veille d’une réunion du conseil des gouverneurs de la BCE.
« Au lieu de favoriser les combustibles fossiles, la BCE doit immédiatement exclure ces actifs toxiques et changer les règles pour s’attaquer à l’urgence climatique dans laquelle nous vivons », a ainsi déclaré Jennifer Morgan, directrice exécutive de Greenpeace International.
L’ONG s’appuie sur son nouveau rapport publié, le même jour, avec la New Economics Foundation (NEF), SOAS University of London, l’Université de l’Ouest de l’Angleterre et l’Université de Greenwich, selon lequel 61 entreprises actives dans les énergies fossiles, dont Shell, Total, Eni, OMV et Repsol, ont émis 756 obligations (d’un encours d’environ 300 milliards d’euros) jugées éligibles en tant que garanties par la BCE, le 26 novembre 2020.
Ce volume représente 59% des obligations d’entreprises que la BCE a acceptées en garantie, alors que la contribution globale de ces entreprises à l’emploi et à la valeur ajoutée brute dans l’UE « est inférieure à 24% et 29%, respectivement », souligne le rapport.
Selon les auteurs du rapport, les règles de la BCE encouragent ainsi implicitement les entreprises fossiles à recourir de plus en plus à des obligations subventionnées par le cadre de garanties de la Banque.
Voir le rapport : https://bit.ly/3vcaEYf (Damien Genicot)