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Bulletin Quotidien Europe N° 12675
ACTION EXTÉRIEURE / Aide humanitaire

La Commission propose de recalibrer l'aide européenne et internationale pour répondre à des besoins humanitaires sans précédent

Pour répondre à l'augmentation exponentielle des besoins humanitaires dans le monde, exacerbés par la pandémie de Covid-19, la Commission européenne a proposé, mercredi 10 mars, de renforcer l'impact de l'aide humanitaire de l'UE et de ses États membres, en coopération avec les partenaires de la communauté internationale, dans un contexte de déficit de financement de l'assistance humanitaire à l'échelle mondiale (EUROPE 12674/27).

L'enjeu est de taille, car, selon l'ONU, plus de 235 millions de personnes dans le monde auront besoin d'une aide humanitaire cette année (1 personne sur 33), soit une augmentation de 40% par rapport aux besoins estimés pour 2020.

« L'aide humanitaire est un pilier de notre action extérieure. Les besoins sont plus importants que jamais, avec les conflits, le changement climatique, le coronavirus qui sévissent dans des pays déjà fragiles. Elle est l'expression concrète de la solidarité de l'UE. Les besoins vont croissant, mais les ressources et les donateurs sont limités », a souligné le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, en commentant, devant la presse, les actions proposées dans la communication adoptée par la Commission.

Il s'agit de mieux lier l'aide humanitaire, la construction de la paix, le développement et la réduction des risques de catastrophes, d'accroître la capacité humanitaire pour livrer l'aide rapidement et de garantir le respect des principes du droit humanitaire international, notamment l'accès aux plus vulnérables, où qu'ils se trouvent, a souligné le Haut Représentant.

Et de citer l'exemple de la région du Tigré, en Éthiopie, où « l'UE doit travailler avec d'autres pays comme les États-Unis, la Norvège ou le Royaume-Uni pour obtenir l'accès humanitaire complet ».

Évoquant les crises qui durent, comme en Syrie et au Darfour, il a rappelé la nécessité de s'attaquer aux causes premières quand les crises deviennent chroniques. 

« Nous devons mieux répondre aux besoins en renforçant l'efficacité et l'impact de notre action humanitaire. Nous devons être en mesure de réagir avec toute la force nécessaire dès l'apparition d'une crise. Cette nouvelle perspective stratégique précise comment l'UE peut s'engager pour aider les plus démunis et faire preuve de leadership, à un moment où la fourniture d'une aide de principe est absolument nécessaire », a déclaré le commissaire à la Gestion des crises, Janez Lenarčič.

Vers une nouvelle capacité européenne de réponse humanitaire. La Commission propose la mise en place de cet instrument afin d'intervenir directement dans les crises humanitaires lorsque les mécanismes traditionnels d'acheminement de l'aide humanitaire via les partenaires de l'UE ou leurs capacités s'avèrent inefficaces ou insuffisants. 

« Nous devons renforcer le soutien aux acteurs locaux, nous préparer à agir directement, comme nous l'avons fait avec le pont aérien humanitaire mis en place au printemps 2020. Nous allons étudier les capacités logistiques et de transport et la question des volontaires qui pourront être déployés », a expliqué le commissaire.

Cela se fera en coopération étroite avec les États membres et les partenaires humanitaires, et cette capacité européenne « complétera le mécanisme de protection civile de l'UE ».

L'objectif sera de faciliter la logistique, de permettre la mise en commun des ressources et de faciliter leur déploiement sur le terrain. Cette capacité pourrait, par exemple, proposer des évaluations logistiques, un soutien au déploiement initial et à l'approvisionnement, le stockage, le transport et/ou la distribution d'articles de secours, y compris les vaccins anti-Covid-19 dans les pays fragiles.

 Élargir la base financière dans l'UE et hors UE. L'UE, avec ses États membres, est le premier donateur d'aide humanitaire, représentant quelque 36% de l'effort mondial.

« En 2020, les États-Unis, l'Allemagne et la Commission ont fourni 59% du financement humanitaire international. Les 10 premiers bailleurs de fonds assurent 83% de l'aide mondiale. Ce n'est pas tenable. Il est temps que cela change ; l'aide humanitaire est une responsabilité commune », a déclaré le commissaire. D'où l'appel urgent lancé à davantage de ressources pour couvrir les besoins et combler le déficit de financement humanitaire.

L'an dernier, les appels humanitaires des Nations unies ont bondi à près de 32,5 milliards € - un record - alors que 15 milliards seulement ont été fournis. Ce déficit de financement mondial devrait encore s'aggraver cette année, ce qui nécessite clairement un élargissement de la base des donateurs.

 Au sein de l'UE, des projets pilotes de financement par des partenariats public/privé seront lancés cette année, a indiqué M. Lenarčič.

Respect du droit humanitaire. Dans un contexte où les attaques se multiplient contre les civils et où l'accès humanitaire est de plus en plus contesté, en violation des principes du droit humanitaire international, la Commission propose que le droit humanitaire soit encore plus fermement au cœur de l'action extérieure de l'UE pour protéger les populations civiles et que le cadre de conformité soit renforcé.

Concrètement, l'UE : - contrôlera de manière cohérente les violations du droit humanitaire international ; - renforcera la diligence raisonnable dans tous les instruments extérieurs de l'UE ; - continuera à veiller à ce que le droit humanitaire international soit pleinement pris en compte dans la politique de sanctions de l'UE, notamment par des exceptions humanitaires systématiques dans les régimes de sanction afin d'éviter les effets négatifs sur les populations.

Renforcer le leadership de l'UE. La Commission souhaite que les efforts pour travailler en tant que 'Team Europe' soient renforcés, en mesurant l'impact collectif de l'UE et ses États membres et en organisant, en 2021, le tout premier forum humanitaire européen.

S'attaquer aux causes profondes des crises humanitaires en exploitant les synergies entre l'aide humanitaire, le développement et la construction de la paix. L'UE va donc intensifier ses efforts d'aide d'urgence en livrant cette aide en étroite collaboration avec les acteurs du développement et de la consolidation de la paix qui s'attaquent aux causes profondes de la crise et en promeuvent des solutions de long terme pour les urgences humanitaires. 

Lien vers la communication : https://bit.ly/3bxXCN6 (Aminata Niang)

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