La Commission européenne a annoncé, mercredi 10 mars, avoir conclu un accord avec BioNTech-Pfizer pour 4 millions de doses supplémentaires de vaccin contre la Covid-19. Ces doses, qui seront livrées au cours des deux prochaines semaines, doivent permettre de lutter contre les foyers de coronavirus et faciliter la libre circulation transfrontalière, affirme l'institution.
39 millions de doses déjà distribuées
L'augmentation des livraisons de doses en mars est le résultat de l'expansion réussie des capacités de production en Europe, qui s'est achevée à la mi-février, explique le communiqué. Ce nombre vient s'ajouter au calendrier des livraisons actuellement convenu entre les États membres et BioNTech-Pfizer. Il sera mis à la disposition des États membres au prorata de leur population.
Selon l'outil de suivi de la vaccination développé par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, 38,8 millions de doses du vaccin BioNTech-Pfizer ont déjà été distribuées aux États membres et le contrat d'achat anticipé conclu avec le consortium porte sur un total de 600 millions de doses.
Exportations et vaccins russes
Mais cette annonce a été partiellement éclipsée par de nouvelles tensions diplomatiques entre l'UE et le Royaume-Uni.
Mardi 9 mars, le président du Conseil européen, Charles Michel, a en effet affirmé que la Grande-Bretagne bloquait systématiquement les exportations de doses de vaccins anti-Covid-19 pour rejeter les accusations de « nationalisme vaccinal » visant l'UE. Des propos qualifiés de « complètement faux » par Londres.
Dans une interview accordée à plusieurs journaux en début de semaine, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, avait, quant à elle, déclaré : « Nous sommes fatigués d’être le bouc émissaire. L’UE n’est pas le bouc émissaire. Bien que le nombre d’infections augmente dans de nombreux États membres, le taux de mortalité diminue. Cela montre que notre stratégie de vaccination, qui consiste notamment à donner la priorité aux personnes âgées et vulnérables, est la bonne ».
Elle s'y prononçait également sur le vaccin russe Sputnik V, actuellement soumis à une évaluation en continu à l'Agence européenne des médicaments. « On doit être informés des sites où Sputnik V serait produit en Europe. J’insiste sur ce point, car nous assistons à des annonces concernant l’envoi de millions de doses de Sputnik V dans de nombreux endroits du monde alors que le taux de vaccination de la population russe est très faible par rapport à celui d’autres pays qui produisent des vaccins. On exige de la clarté sur le processus de production », indiquait-elle, alors que des rumeurs circulent sur de possibles sites de production en Espagne et en France, en plus de l'Italie, dont la Chambre de commerce russe a officialisé l'annonce le 9 mars. (Sophie Petitjean)