Les eurodéputés ont adopté le rapport d'initiative de Yannick Jadot (Verts/ALE, français) sur le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) par 444 voix pour, 70 contre et 180 abstentions, mercredi 10 mars.
La veille, le texte avait été amendé sur un point clé du mécanisme : la fin des quotas gratuits alloués aux entreprises. L'amendement du PPE pour retirer du texte « la suppression progressive, parallèle » des quotas gratuits a été adopté par 344 voix pour, 329 voix contre et 23 abstentions. Aux membres du PPE, du CRE et d'ID se sont ajoutés une poignée d'eurodéputés Renew Europe et S&D pour soutenir l'amendement. Au sein du PPE, seuls les députés français du groupe n'ont pas soutenu l'amendement en question.
Abstention des Verts. Les eurodéputés du groupe des Verts/ALE, dont le rapporteur fait partie, se sont abstenus lors du vote final du texte. Ils considéraient que le compromis initial aurait dû être adopté et non pas la formule amendée par la droite. « En amputant le rapport de cet élément essentiel, ces députés entravent la lutte contre le changement climatique, fragilisent notre industrie, qui risque de ne pas saisir à temps l’occasion que représente sa conversion vers une économie décarbonée ».
La fédération CAN Europe s'est montrée déçue par le vote de cet amendement. « Le vote d'hier signifie que l'UE pourrait continuer à utiliser l'argent des contribuables pour financer les pratiques polluantes des industries », a déclaré la coordinatrice pour la politique de transformation industrielle de CAN Europe, Doreen Fedrigo, le 10 mars.
Soutien de la majorité. La majorité du PE a toutefois soutenu le texte, qui rassemble les préoccupations des uns et des autres. « Il est toujours clair dans le texte que nous n'accepterons pas une double protection. Chaque tonne de carbone devrait n'être payée ou protégée qu'une seule fois », a indiqué Karin Karlsbro (Renew Europe, suédoise), rapporteur pour avis, à EUROPE. Pour son collègue Pascal Canfin (Renew Europe, français), de la commission de l'Environnement (ENVI) au PE, « le vote confirme une étape importante avec l’objectif de faire de la nouvelle réglementation un élément clé de la Présidence française, début 2022 ». (Léa Marchal)