Plusieurs membres de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen ont cherché à en savoir plus sur les intentions de la Présidence portugaise du Conseil de l’Union européenne concernant la ‘Loi climat’, lundi 25 janvier, lors d’un échange de vues sur les priorités de la Présidence en matière de climat et d’environnement avec le ministre portugais compétent, João Pedro Matos Fernandes.
Si la Présidence a déjà clairement exprimé son souhait de parvenir à un accord sur ce dossier avant la fin de son mandat (EUROPE 12631/9), la manière dont elle compte procéder pour concilier les positions du Parlement et du Conseil reste floue, a ainsi souligné Antoni Comín I Oliveres (non-inscrits, espagnol).
Qualifiant la tâche qui attend Lisbonne de « délicate », tant les positions des institutions sont éloignées sur certains points importants de la ‘Loi climat’ (EUROPE 12614/15), l’eurodéputé a néanmoins assuré comprendre que la Présidence ne dévoile pas toutes ses cartes.
« Comment allez-vous garantir que nous avons résolu toutes les questions politiques les plus importantes de la Loi climat de telle sorte que nous puissions avoir une influence sur le Paquet ‘Ajustement à l'objectif 55’ ? », a demandé, de son côté, Michael Bloss (Verts/ALE, allemand).
Ce dernier craint en particulier que l’UE se retrouve dans la situation où la Commission européenne présenterait, en juin prochain, son paquet d’initiatives ‘Ajustement à l'objectif 55’ (visant à placer l’UE sur la voie d’une réduction nette de ses émissions d’au moins 55% d’ici 2030) tandis que les colégislateurs seraient toujours en train de négocier un accord sur la ‘Loi climat’.
Selon M. Bloss, un tel scénario reviendrait à « ignorer » la position du Parlement, puisque ce dernier défend une réduction des émissions de l’UE de 60% d’ici 2030, « ce qui ne peut être soutenu dans l'optique de la démocratie ».
Même son de cloche du côté de Mick Wallace (GUE/NGL, irlandais), qui a fait remarquer qu'à en croire la communication de l’UE, les discussions sur l’objectif 2030 sont déjà bouclées avant d’avoir commencé.
Se voulant rassurant, M. Pedro Matos Fernandes a alors réitéré l’engagement et la confiance de la Présidence portugaise quant à la conclusion d’un accord sous son mandat.
Répondant à une question de Nils Torvalds (Renew Europe, finlandais), il a également souligné que l’idée du Parlement de définir un budget pour les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’UE divisait les États membres.
Si l’on en croit un document récent de la Présidence, détaillé dans nos lignes (EUROPE 12643/13), Lisbonne laisse, à ce stade, peu de place au compromis sur les points phares de la ‘Loi climat’. Le budget GES, notamment, y est jugé « non acceptable ».
Émissions des navires
Enfin, malgré une demande d’éclaircissements de Jytte Guteland (S&D, suédoise), le ministre n’a donné aucune précision concernant un éventuel lancement des négociations interinstitutionnelles (‘trilogues’) sur la révision du ‘règlement MRV’ pour les émissions des navires. (Damien Genicot)