Le ministre portugais de l’Environnement et de l’Action pour le climat, João Pedro Matos Fernandes, a déclaré à plusieurs reprises être confiant concernant la conclusion d’un accord entre le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne sur la ‘Loi climat’, jeudi 7 janvier, à l’occasion d’un entretien avec la presse.
Malgré des différences entre les positions des deux institutions (EUROPE 12614/15), il s’agit d’un dossier trop important pour que cette proposition de règlement européen ne soit pas approuvée sous la Présidence portugaise du Conseil, qui a débuté le 1er janvier, a estimé M. Fernandes, tout en lançant un appel au compromis et à la responsabilité.
Preuve de son importance, l’adoption de la ‘Loi climat’ serait le dossier qu’il garderait s’il ne devait en choisir qu’un parmi les priorités de la Présidence en matière de climat et d’environnement, a déclaré le ministre, tout en exprimant la détermination de Lisbonne à boucler ce sujet en mars ou en avril.
Questionné sur la flexibilité des États membres vis-à-vis de certaines propositions du Parlement, il a rappelé que l’objectif de neutralité climatique d’ici 2050 constitue un objectif collectif, semblant ainsi rejeter la possibilité de l'appliquer également à chaque État membre individuellement.
En revanche, le Portugais a semblé ouvert à l’idée de créer un organe scientifique européen sur le changement climatique (EUROPE 12568/6) afin de « donner un pouvoir formel aux scientifiques qui sont les premiers à nous avoir alerté sur l’importance de lutter contre le changement climatique ».
Il a en outre souligné l’importance des puits de carbone, en particulier les forêts, pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE, en insistant sur le fait que neutralité climatique ne veut pas dire zéro émission.
Le rôle de ces puits de carbone pourrait constituer un sujet de discorde entre les législateurs, étant donné que le Conseil et la Commission européenne plaident pour viser une réduction nette (avec prise en compte des absorptions de CO2) des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55% d’ici 2030, alors que les eurodéputés défendent une réduction ‘brute’ de 60%.
Enfin, il est à noter que la date de la troisième session de négociations interinstitutionnelles (‘trilogues’), débutées sous Présidence allemande (EUROPE 12627/26), n’a pas encore été fixée. (Damien Genicot)