Le Premier ministre portugais, António Costa, dont le pays a pris la Présidence du Conseil de l’UE le 1er janvier, a estimé, jeudi 7 janvier, que l’UE devait avoir une vision à 360 degrés sur le monde.
« On doit renforcer la capacité d’action d’une UE en tant qu'acteur mondial, mais on doit le faire dans une vision à 360 degrés, en restant ouvert au monde, car c’est la tradition européenne. C’est ce qui fait la différence géostratégique de l’Europe : une capacité d’avoir des relations très étroites avec les différentes puissances mondiales », a-t-il expliqué lors d’une rencontre virtuelle avec des journalistes.
La Présidence portugaise du Conseil de l’UE compte notamment mettre l’accent sur les relations avec l’Inde, avec un sommet, le 8 mai, qui sera « une occasion très importante pour rouvrir et rapprocher nos relations avec l’Inde », selon M. Costa.
Interrogé par EUROPE plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères portugais, Augusto Santos Silva, a expliqué que son pays voulait renforcer les liens politiques et économiques avec New Delhi. « On ne comprendrait pas que l’Inde et l’Europe, les deux plus grandes démocraties au monde n’aient pas un dialogue politique et une relation économique et sociale approfondie », a-t-il expliqué, rappelant aussi les liens qui unissent son pays et l’Inde depuis la fin du XVe siècle.
La Présidence portugaise du Conseil espère que le sommet permettra d’avoir un résultat politique, « un dialogue politique et géopolitique entre l’UE et l’Inde », selon le ministre.
M. Santos Silva a ajouté que l’UE ne pouvait ignorer l’accord commercial passé entre quinze pays de la région Asie-Pacifique en novembre (EUROPE 12602/33), estimant que l’Union devait travailler avec ses partenaires et avoir des relations équilibrées. « Si on négocie avec la Chine, on ne peut pas ignorer l’Inde et si on travaille avec l’Inde, on ne peut pas ignorer le Japon, etc. », a-t-il expliqué.
De plus, selon le ministre, l’UE doit travailler à une nouvelle alliance avec l’Inde concernant le numérique. « L’Inde est un des acteurs internationaux les plus importants sur la technologie de l’information, le numérique et la formation des ressources humaines très qualifiées. Il faut en profiter et que les Indiens profitent du fait que l’UE définit comme un de ces objectifs la transformation numérique », a-t-il ajouté.
Enfin, le chef de la diplomatie portugaise espère que le sommet permettra de débloquer l’impasse que connaissent les négociations sur un accord de libre-échange entre l’UE et l’Inde depuis 2013 (EUROPE 11989/7). « Un des buts du sommet est de donner une nouvelle impulsion aux négociations sur le thème de l’investissement et du commerce euro-indiens », a-t-il plaidé. (Camille-Cerise Gessant)