Le volume d'exportations de produits agroalimentaires augmentera de 25 à 29% d'ici 2030 grâce aux accords de libre-échange, selon l'étude publiée par la Commission européenne mardi 26 janvier.
Celle-ci évalue l'impact des accords commerciaux sur l'agriculture européenne et se base sur douze accords de libre-échange en vigueur, en cours de négociation ou de ratification : Australie, Canada, Chili, Indonésie, Japon, Malaisie, Mercosur, Mexique, Nouvelle-Zélande, Philippines, Thaïlande et Vietnam. L'étude montre que l'augmentation des exportations sera supérieure à celle des importations, créant une balance commerciale positive dans le secteur agroalimentaire européen.
Les produits laitiers, le porc, les céréales, le vin et autres boissons sont les secteurs qui bénéficieront le plus de cette hausse. En revanche, les secteurs du bœuf, du mouton, du sucre, de la volaille et du riz seront confrontés à une augmentation des importations, ce qui aura un impact négatif sur les producteurs européens.
Le commissaire européen à l'Agriculture, Janusz Wojciechowski, a souligné l'impact potentiel de l'accord commercial avec les pays du Mercosur : « les difficultés attendues concernant le secteur du bœuf sont majoritairement dues à l'accord avec le Mercosur ». Les importations de bœuf augmentent de 21 à 26% selon le scénario, avec entre 69 et 82% de cette viande importée des pays du Mercosur.
Sur ce dernier accord de libre-échange, le commissaire au Commerce, Valdis Dombrovskis, a confirmé que des questions fondamentales devaient être traitées avant d'engager la ratification.
L'étude évalue également que l'utilisation de quotas dans les accords de libre-échange peut se révéler efficace pour protéger les produits plus vulnérables. À ce propos, M. Dombrovskis a rappelé plusieurs fois les résultats positifs de l'étude concernant l'effet des accords commerciaux : « Certains secteurs font face à des défis plus importants, mais il est fondamental que les évaluations prennent en compte la balance globale pour avoir un tableau impartial ». Il a ajouté que la multiplication et la reconnaissance d'indications géographiques renforceraient le potentiel d'exportation de produits européens.
Pour le commissaire à l'Agriculture, la stratégie 'de la ferme à la table' sera un levier indispensable pour pallier le surplus d'importations. « Je pense qu'une politique commerciale proactive est importante pour l'agriculture, mais la plus grosse opportunité pour nos agriculteurs réside dans la promotion de la stratégie 'de la ferme à la table' », a déclaré M. Wojciechowski.
Voir l'étude : https://bit.ly/3qUDMjW (Léa Marchal)