La réserve d’ajustement au Brexit de 5 milliards d’euros (dont 80% en 2021) a été critiquée, lundi 25 janvier, par certains membres, surtout espagnols, de la commission de la pêche du Parlement européen.
En cause : les modalités de répartition entre pays des 600 millions d’euros prévus en 2021 pour aider les pêcheurs à s’adapter à la sortie du Royaume-Uni de l’UE.
La représentante de la Commission européenne a précisé que les pays « très dépendants » des eaux britanniques pour les activités de pêche recevront des montants supérieurs aux autres.
D’où le projet suivant dévoilé pour 2021 : 147,5 millions d'euros pour le Danemark, 130,9 millions pour les Pays-Bas, 108,2 millions pour la France ou encore 106,7 millions pour l’Irlande.
L’Espagne, pourtant affectée par les effets du Brexit, ne recevrait que 2,1 millions et le Portugal... 3 euros.
Le président de la commission de la pêche du PE, Pierre Karleskind (Renew Europe, français), a admis que l’indice de dépendance (des eaux britanniques) retenu le laissait « un peu perplexe ». Selon la Commission, le règlement sur cette réserve devrait entrer en vigueur d’ici fin juin.
« Je suis un peu déçu », a dit Francisco José Millán Mon (PPE, espagnol) à propos de la proposition jugée « tardive » de la Commission. Le texte est « défaillant » et il est « inacceptable » que cette réserve ne couvre pas le secteur du tourisme, a-t-il souligné. La clé de répartition proposée peut être améliorée, selon lui. Le secteur espagnol de la pêche perdrait 54 millions d’euros. Or, la réserve n’attribue que 2,1 millions à l’Espagne, a également protesté Francisco José Millán Mon, de même que d'autres Espagnols de cette commission. Ce critère de dépendance est inacceptable, a-t-il lancé.
Søren Gade (Renew Europe, danois) a insisté sur le besoin d’allouer les fonds au secteur « le plus rapidement possible ». Grace O'Sullivan (Verts/ALE, irlandaise) a plaidé pour une distribution équitable des fonds, en respectant les « critères de durabilité ». (Lionel Changeur)