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Bulletin Quotidien Europe N° 12644
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POLITIQUES SECTORIELLES / Transports

Au Parlement européen, la stratégie de la Commission pour une « mobilité durable et intelligente » jugée irréaliste

Poliment remerciée par l’ensemble des coordinateurs de la commission des Transports (TRAN) du PE pour son travail sur la nouvelle stratégie de l’UE en matière de mobilité (EUROPE 12616/12), la commissaire aux Transports, Adina Vălean, a malgré tout dû tenter, lundi 25 janvier, de convaincre les eurodéputés de la pertinence de bon nombre des initiatives et objectifs annoncés.

Ces derniers ont en effet vu dans le texte élaboré par la Commission une série d’engagements ambitieux, certes, mais peu réalistes au vu des moyens existants pour les concrétiser.

« Ces objectifs ne sont pas atteignables », a regretté le coordinateur du PPE, Marian Marinescu (roumain), après avoir interrogé la commissaire sur la nature des calculs ayant permis d’établir les objectifs en question.

« Pour les atteindre, vous avez besoin de développements technologiques. Bien sûr, certains sont déjà en cours, mais vous l'avez vu, il y a des limites. Nous n'avons même pas de traitement contre la Covid ! », a-t-il ajouté, curieux de voir « comment » l’UE parviendrait à obtenir que les avions gros porteurs à émissions zéro soient prêts à être commercialisés d’ici 15 ans, ainsi que le prévoit la stratégie.

« Lettre au Père Noël »

Le coordinateur de Renew Europe, José Ramón Bauzá Díaz (espagnol), imité ensuite par ses homologues d’ID et des Verts/ALE, a ainsi qualifié la stratégie de « lettre au Père Noël ».

« Nous devons être mieux connectés avec la réalité », a-t-il insisté, faisant référence à l’objectif de rendre tous les déplacements collectifs réguliers de moins de 500 km neutres en carbone d’ici 10 ans. « Quand on entend de telles affirmations, on se demande ce qui va advenir ! Vous en avez qui vont interdire, d’autres pas. […] Le secteur n’est pas prêt pour cela », a-t-il insisté.

Ciarán Cuffe (Verts/ALE, irlandais), quant à lui, bien qu’en accord avec l’argument de la « lettre au Père Noël », a regretté l’absence d’un objectif ambitieux : l’interdiction des moteurs à combustion interne (ICE).

« Quand le transport sera-t-il exempt des émissions de CO2 ? », a-t-il demandé, déplorant que l’UE se refuse à prendre une telle mesure, pourtant envisagée au Royaume-Uni et dans plusieurs États membres.

Beaucoup d'eurodéputés, enfin, ont mis l’accent sur la dimension sociale de la stratégie. « Un aspect qui aurait pu être plus fort », aux yeux du coordinateur socialiste Johan Danielsson (suédois).

Elena Kountoura (La Gauche, grecque), quant à elle, a interrogé Mme Vălean sur les mesures envisagées pour que la transition annoncée soit « juste pour tous ».

« Le Fonds pour une transition juste (EUROPE 12620/12) ne suffira pas pour cela », a averti l'eurodéputée, appelant la Commission à tenir compte, dans l’application du principe 'pollueur-payeur', des Européens aux revenus les plus faibles.

Réponse hésitante

La commissaire aux Transports a entendu les critiques et a fait son possible pour rassurer, mais avec des pincettes et en restant évasive.

« Sans avancées technologiques, il n’y aura pas de stratégie durable. C’est pourquoi nous soutenons l’innovation », a-t-elle tout d'abord réagi, assurant que l’industrie était « optimiste » et les entreprises avec lesquelles elle s’était entretenue « confiantes » quant au développement attendu de nouvelles technologies.

En réponse aux inquiétudes sur le transport régulier de passagers, la commissaire a assuré qu’il ne s’agissait pas de faire une croix sur certaines options de transport, mais d’« offrir un choix neutre en carbone ». En réponse à M. Cuffe, ensuite, elle a reconnu miser sur les nouveaux carburants plutôt que sur l’interdiction des ICE.

Comme lors de la présentation de la stratégie (EUROPE 12619/12), la commissaire a esquivé les questions sur la dimension sociale, égrenant les quelques mesures envisagées sur le sujet, assurant collaborer avec l’Autorité européenne du travail et reconnaissant qu’il ne faudrait « laisser personne derrière ».

Se précipiter pour interdire certains modes de transport ou introduire des mesures trop sévères « pourrait comporter un tel risque », a reconnu Adina Vălean. (Agathe Cherki)

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