Toujours pas de solution en vue entre l'Union européenne et le laboratoire AstraZeneca à propos des retards de livraison de vaccins contre la Covid-19 (EUROPE 12643/2). Les deux parties ont donc convenu, après deux réunions virtuelles en début de semaine, de reprendre leurs discussions dans la soirée de mercredi 27 janvier.
« Comme dans tout processus complexe, le fait de se donner un peu de temps aide le processus. Nous avons reposé un certain nombre de questions à AstraZeneca et espérons des réponses lors de notre prochain rendez-vous », a expliqué le porte-parole de la Commission, Eric Mamer.
L'institution n'apprécie pas qu'AstraZeneca, qui continue pourtant d'alimenter d'autres pays tiers, n'honore pas ses engagements européens. Selon l'agence de presse Reuters, le groupe britannico-suédois aurait proposé, en guise de solution, d'avancer d'une semaine ses premières livraisons (le 7 janvier, au lieu du 15) et de livrer davantage de doses en février, à condition de recevoir en fin de semaine un avis positif de l'Agence européenne des médicaments (EMA) pour une autorisation de mise sur le marché conditionnelle. Il n'aurait toutefois pas pu s'engager sur les livraisons de mars, ce qui fait peu de sens, vu que les quantités ont été négociées par la Commission sur une base trimestrielle.
Exportations : une proposition en fin de semaine
Pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pas question de relâcher la pression. Les fabricants de vaccins « doivent maintenant tenir leurs promesses et honorer leurs obligations », a-t-elle réaffirmé, mardi, lors d'une intervention en vidéo au Forum économique mondial de Davos.
Le service du porte-parole est d'ailleurs revenu sur une annonce faite la veille par la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, concernant le contrôle des exportations (EUROPE 12643/2). Il a indiqué qu'il ne s'agissait pas d'une « interdiction d'exportation », mais d'un « suivi (monitoring), une meilleure idée des intentions d’exportation des produits dont la production a été financée en grande partie par les investissements de l’UE ». Ce suivi, lancé suite aux rumeurs selon lesquelles des doses du vaccin d'AstraZeneca produites aux Pays-Bas et en Allemagne auraient été envoyées au Royaume-Uni, fera l'objet d'une proposition « d'ici la fin de la semaine », a-t-il ajouté.
L'EMA interrogée par les eurodéputés
Invitée à fournir une mise à jour aux eurodéputés de la commission 'santé publique', la directrice exécutive de l'Agence européenne des médicaments (EMA), Emer Cooke, ne s'est pas attardée sur les retards de livraison.
Elle a rappelé que cette question ne relevait pas de ses attributions. « La seule chose que nous pouvons faire est de travailler avec les entreprises et les États membres pour nous assurer que de nouveaux sites de fabrication sont disponibles », a déclaré l'Irlandaise, s'engageant à fournir aux députés les détails sur les sites de production autorisés dans l'UE.
Elle s'est toutefois prononcée sur les rumeurs selon lesquelles le vaccin d'AstraZeneca ne serait efficace qu'à 8% chez les plus de 65 ans. Selon elle, cela s'explique par le fait que les études effectuées jusqu'à présent concernent de petites quantités de personnes âgées. « Nous devons examiner les données, en nous appuyant sur la science », a-t-elle indiqué alors que l'EMA doit se prononcer vendredi sur une possible autorisation de mise sur le marché conditionnelle du vaccin d'AstraZeneca. « Notre comité pourrait décider de l'approuver en fonction de ce qu'il voit, de la solidité des données scientifiques. Il pourrait décider, et je ne préjuge pas de sa décision (qui requiert une analyse scientifique et experte), d'octroyer une autorisation qui porterait sur un groupe d’âge particulier ou un groupe d’âge plus large ».
Plus largement, Mme Cooke a indiqué que son agence était en contact avec 15 fabricants de vaccins, dont celui du Sputnik V, et 180 fabricants de traitements, dont « certains feront probablement l'objet d'une autorisation européenne plus tard dans l'année ».
Elle n'a pas donné de calendrier en ce qui concerne l'autorisation du vaccin développé par Johnson&Johnson, qui devrait être le suivant, après celui d'AstraZeneca, sur lequel l'EMA devrait se prononcer. Toutefois, Emer Cooke s'est montrée relativement confiante, indiquant que des vaccins pour d'autres maladies, mais reposant sur la même technologie, avaient déjà été utilisés au niveau de l'UE. (Sophie Petitjean)