login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12643
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / SantÉ

La Commission européenne fustige les retards dans la livraison de vaccins contre la Covid-19

La Commission européenne n'apprécie guère les retards dans la livraison des vaccins contre la Covid-19. Après s'être montrée relativement indulgente avec Pfizer-BioNTech, avec qui un compromis semble avoir été trouvé (EUROPE 12640/1), elle a durci le ton à l'égard d'AstraZeneca, lundi 25 janvier, qui vient également d'annoncer des problèmes de livraison de son candidat vaccin.

L'institution a aussi proposé aux États membres, lors d'une réunion du comité de pilotage des achats anticipés de vaccins (APA), qu'un mécanisme de transparence des exportations soit mis en place dès que possible. 

le vaccin AstraZeneca pas encore autorisé, déjà en retard

À ce stade, le vaccin produit par AstraZeneca, moins coûteux et plus facilement transportable que ceux de Pfizer-BioNTech et Moderna, les deux seuls autorisés pour le moment, n'est pas encore autorisé dans l'Union européenne. L'Agence européenne des médicaments (EMA) doit normalement remettre son avis en vue d'une autorisation de mise sur le marché conditionnelle lors de sa réunion du 29 janvier.

Les doses négociées cet été par la Commission européenne au nom des États membres (300 millions, avec une option pour 100 millions de doses supplémentaires) auraient ainsi dû commencer à arriver sur le territoire européen le 15 février, conformément aux commandes passées par les États membres (EUROPE 12547/7).

Or, « vendredi dernier, la société AstraZeneca a informé, par surprise, la Commission et les États membres de l'UE de son intention de fournir, dans les semaines à venir, beaucoup moins de doses que ce qui avait été convenu et annoncé », a expliqué la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides.

Selon une source européenne, le laboratoire - qui invoque des problèmes de production dans une usine belge gérée par son partenaire Novasep - pourrait fournir 60% de doses en moins au premier trimestre que ce qui était initialement prévu.

Lors du rendez-vous de midi, un porte-parole de la Commission a rappelé que les commandes des États membres ont été passées « dès l'automne » et qu'AstraZeneca était « censée commencer à produire avant que l'autorisation ne soit délivrée et ce, en vue de pouvoir distribuer les doses dès le feu vert obtenu ». 

« Ce nouveau calendrier n'est pas acceptable pour nous ! », a réagi Stella Kyriakides, faisant ainsi écho à un courrier qu'elle avait envoyé la veille au groupe anglo-suédois et à un entretien téléphonique tenu dans la matinée entre la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et le PDG d'AstraZeneca, Pascal Soriot. 

Vers un mécanisme de transparence des exportations

Face à ces retards, la Commission réclame de la transparence. « L'UE a préfinancé le développement du vaccin [d'AstraZeneca] et sa production, et souhaite en récolter les fruits. On veut savoir exactement quelles doses ont été produites par AstraZeneca, où elles ont été produites, et si - ou à qui - elles ont été livrées jusqu'à présent », a indiqué Mme Kyriakides. 

La commissaire s'exprimait à l'issue de la réunion du comité de pilotage chargé des APA, à laquelle AstraZeneca a également assisté. Selon elle, les « réponses de l'entreprise n'ont pas été satisfaisantes » et c'est pourquoi une seconde réunion du comité de pilotage devait se tenir dans la soirée. 

La Commission européenne est sous le feu des critiques, car AstraZeneca n'est pas le seul laboratoire à revoir ses engagements. La semaine dernière, Pfizer-BioNTech avait annoncé « 3 à 4 semaines » de retard, avant de s'engager à limiter ce retard à une seule semaine. Et lundi, la Pologne a fait savoir que Moderna lui livrerait ses doses avec plusieurs jours de retard.

Bien que l'Italie ait déjà annoncé son intention de lancer des poursuites contre Pfizer et que le président du Conseil européen, Charles Michel, se soit dit prêt à « utiliser tous les moyens juridiques » dont l'UE dispose, la Commission estime qu'il est trop tôt pour entrer dans une discussion juridique. Elle entend privilégier le dialogue avec les entreprises.

Toutefois, pour éviter d'autres mauvaises surprises, elle suggère de mettre en place, dès que possible, un mécanisme de transparence des exportations. « Nous voulons de la clarté sur les transactions et une transparence totale concernant l'exportation de vaccins de l'UE », a indiqué Stella Kyriakides. Elle a suggéré qu'à l'avenir, les entreprises soient obligées d'introduire une notification rapide pour toute exportation de vaccins vers des pays tiers, sachant que « les livraisons humanitaires » ne seront pas affectées. (Sophie Petitjean)

Sommaire

RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19
ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
BRÈVES