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Bulletin Quotidien Europe N° 12643
ACTION EXTÉRIEURE / Russie

Les ministres de l'UE dénoncent les arrestations massives de manifestants pacifiques

Les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'Union européenne ont fait part, lundi 25 janvier, de leurs inquiétudes concernant l’arrestation de plus de 3 000 manifestants pacifiques qui protestaient, durant le week-end, contre la détention de l'opposant politique Alexeï Navalny en Russie, appelant à sa libération.

« Pour le Conseil, l’arrestation d’Alexeï Navalny et la répression de ses soutiens sont totalement inacceptables », a souligné le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, à l’issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères. Il a ajouté que le Conseil condamnait la détention de masse et la brutalité policière au cours du week-end et a appelé à la libération immédiate de M. Navalny et de toutes les personnes détenues en lien avec la situation de l'opposant politique russe.

« Chacun a le droit d’exprimer son opinion et de manifester ; cela doit être possible. La Russie s’y est toujours engagée. Donc, nous demandons que tous ceux qui sont détenus pour la simple raison d’avoir exprimé leur désaccord soient libérés », a estimé le ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas.

Son collègue roumain, Bogdan Aurescu, dénonçant une attitude « très agressive » envers les manifestants, a rappelé que « les libertés de réunion et d'expression sont des droits fondamentaux très importants ; ils doivent être respectés ». « La répression contre l'opposition, juste parce qu'elle est une opposition, est inacceptable et non démocratique », a-t-il ajouté.

Si, à son arrivée, le ministre lituanien Gabrielius Landsbergis a rappelé que le nouveau régime de sanctions de l’UE sur les droits de l’homme « devait être utilisé de manière décisive pour faire passer le message que les violations des droits de l'homme, où qu'elles se produisent, à Minsk, Moscou ou Hong Kong, ne seront jamais tolérées », le Haut Représentant a expliqué que, lors de la réunion, aucun ministre n’avait fait de proposition concrète et, donc, qu’aucune décision n’avait été prise au sujet de possibles mesures. 

M. Borrell en Russie début février

Au-delà d’une réponse à la répression des autorités russes, le ministre slovaque Ivan Korčok a estimé que l’UE devait réfléchir plus largement à l’avenir de ses relations avec la Russie.

Afin, entre autres, de préparer le Conseil européen de mars, qui portera sur les relations UE/Russie, le Haut Représentant se rendra la première semaine de février en Russie, à la suite d’une invitation de longue date du ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov. Interrogé sur une possible rencontre avec M. Navalny à cette occasion, M. Borrell est resté flou, précisant qu’il serait heureux de le voir. Il a cependant ajouté qu’il s’agissait d’une visite au gouvernement russe, mais que la question de Navalny serait soulevée avec lui.

Appel de l’APCE à libérer les manifestants

Par ailleurs, après la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, qui, dès la semaine dernière, avait demandé aux autorités russes de « s’atteler rapidement aux lacunes systémiques d’un système juridique et institutionnel qui porte atteinte aux droits de l’homme, à la démocratie et à l’État de droit», ce sont les deux rapporteurs de l’Assemblée parlementaire (APCE) sur les prisonniers politiques en Russie qui ont publié une déclaration lundi 25 janvier.

Le Français Jacques Maire (ALDE) et l’Islandaise Sunna Aevarsdottir (SOC) y réclament la libération immédiate de « toute personne arrêtée pour avoir exercé ses libertés d’expression et de réunion telles que protégées par la Convention européenne des droits de l’homme ».

Cela concerne « la plupart, sinon tous ceux qui ont été arrêtés samedi» et qui peuvent être « considérés comme des prisonniers politiques prima facie », estime Madame Aevarsdottir.

L’Assemblée parlementaire a par ailleurs décidé, lundi, à l’ouverture de sa première plénière de 2021, de consacrer un débat d’actualité à l’arrestation et à la détention d’Alexeï Navalny. Cet échange se tiendra mercredi 27 janvier à 16h00 et sera ouvert par Jacques Maire, par ailleurs rapporteur de l’APCE sur l’empoisonnement de l’opposant en août dernier. (Camille-Cerise Gessant et Véronique Leblanc avec Léa Marchal)

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