Comme annoncé le 21 janvier (EUROPE 12641/1), la Commission européenne a proposé aux États membres, lundi 25 janvier, de durcir les conditions de déplacements pour les voyages non essentiels à travers l’UE en créant une nouvelle catégorie de zones très à risques à partir desquelles il serait impératif d’exiger des voyageurs qu'ils passent un test PCR négatif avant de rentrer et d’observer une quarantaine stricte à leur retour.
Les voyageurs essentiels venant des pays tiers, c’est-à-dire les travailleurs de certaines catégories professionnelles autorisées à voyager sans restrictions jusqu’à présent, devraient, eux aussi, présenter un test PCR négatif dans les 72 heures précédant le trajet, avec des assouplissements pour les résidents de l'UE.
Plus précisément, les commissaires aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, et à la Justice, Didier Reynders, ont mis sur la table une révision de la recommandation adoptée en octobre sur les restrictions de déplacements non essentiels dans l’UE (EUROPE 12580/6) ainsi qu'une actualisation de la liste commune des pays tiers dont les ressortissants peuvent voyager sans restrictions vers l’UE, réduite désormais à 8 pays (EUROPE 12624/18).
Pour les deux responsables, qui devaient transmettre ces propositions aux experts des États membres réunis dans le cadre de l’IPCR, puis aux ambassadeurs nationaux auprès de l’UE, il faut évidemment agir vite pour contrer les « contaminations liées aux déplacements » et prévenir la propagation des variants.
Et pour y arriver, le principe de base devrait être le suivant : il ne devrait pas y avoir d’exigences de tests ni de quarantaine au retour de zones vertes selon la cartographie du Centre européen de contrôle des maladies (ECDC), mais des tests et des quarantaines doivent être possibles pour les zones oranges et rouges. Et cela devra désormais être obligatoire pour les zones rouge foncé, a expliqué la Commission.
Pour déterminer cette catégorie, la Commission propose que soit retenu un taux d’incidence supérieur à 500 cas/100 000 habitants sur les deux dernières semaines.
La Commission veut aussi préserver la mobilité des travailleurs essentiels et frontaliers. Pour ces personnes devant franchir souvent les frontières intraeuropéennes, les quarantaines devraient être facultatives et la fréquence des exigences de tests PCR adaptée à la nature des travailleurs.
À l’heure actuelle, une dizaine de zones de l’UE peuvent être considérées comme ‘rouge foncé’, ont indiqué les deux responsables.
'PLF' obligatoire partout
Autre proposition faite lundi pour les voyageurs intra-UE : l’obligation de remplir un formulaire de localisation des passagers (Passengers locator form) comme le fait la Belgique et comme l’expérimentent une petite poignée de pays en ce moment. La commissaire veut en faire un outil « obligatoire » et ce formulaire, à remplir 48h avant de revenir dans son pays de résidence ou de se rendre dans un autre pays, devra être développé rapidement dans tous les États membres.
Dissuader de se déplacer pour le plaisir
Sans les interdire, Mme Johansson et M. Reynders ont aussi, à leur tour, « fortement découragé » les voyages non essentiels, appelant les États membres à prendre les mesures nécessaires pour dissuader les gens de partir en vacances et de se retrouver dans des zones à fort brassage de population.
Les propositions de la Commission n’ont pas pour objet d’interdire les déplacements non essentiels, une compétence qu’elle n’a pas, mais elles entendent inciter « les États membres à prendre des mesures cohérentes » par rapport aux pays voisins, mais aussi « à l’intérieur de leur territoire », ont-ils expliqué.
Alors que le gouvernement belge a annoncé, le 22 janvier, qu’il interdisait les séjours d’agrément jusqu’au 1er mars, la Commission a refusé de dire, lundi, si cette décision était illégale. Les États membres « peuvent aller plus loin que nos recommandations », a dit Didier Reynders, mais « il faut bien les expliquer et les justifier ». Un contrôle juridictionnel peut être assuré par les autorités du pays, a-t-il ajouté, semblant dire que la Commission n’a pas de moyens légaux sur ce type d’interdictions. Le gouvernement belge a prévu des amendes en cas de non-respect et chaque déplacement hors du pays dans cette période devra être motivé strictement, par le travail ou des circonstances personnelles graves.
Lien vers les propositions : https://bit.ly/2Yai2UD (Solenn Paulic)