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Bulletin Quotidien Europe N° 12643
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POLITIQUES SECTORIELLES / Transports

Les États baltes menacent de mettre en péril la décision sur les ressources propres, en cas de remise en cause du financement de Rail Baltica 

Contrarié par le tour que prennent les négociations sur le règlement établissant le MIE – Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (ou Connecting Europe Facility, CEF) – pour la période 2021-2027, les États baltes font planer la menace d’un blocage du Plan de relance européen post-Covid-19.

Dans une lettre en date du 18 janvier, dont EUROPE a obtenu copie, le Premier ministre letton, Arturs Krišjānis Kariņš, le président lituanien, Gitanas Nausėda, et le désormais ex-Premier ministre estonien, Jüri Ratas, s’inquiètent de la résistance opposée par le Parlement européen à la décision du Conseil de pré-affecter 1,4 milliard d’euros (prix courants 2018) au projet de liaison ferroviaire transfrontalière entre leurs trois pays (EUROPE 12620/15) – le projet Rail Baltica.

« Sans ce financement, il sera impossible d'achever le chemin de fer », insistent-ils dans leur lettre adressée au Premier ministre portugais, António Costa, dont le pays assure actuellement la Présidence du Conseil de l'UE.

La pré-affectation avait été posée comme condition par les États baltes, en juillet, pour rallier l’accord sur le cadre financier pluriannuel et sur le Plan de relance.

Compromis à l’étude. Une manœuvre jugée inacceptable par le PE, qui se félicite donc que la nouvelle Présidence se montre disposée à négocier. Lisbonne consultera en effet cette semaine les États membres au sujet d'éventuels compromis (EUROPE 12642/6).

Dans leur lettre, les États baltes assurent toutefois que la préservation de l’engagement de juillet restera leur « priorité absolue ».

« Le succès des négociations avec le Parlement européen et le maintien des conclusions confirmées par les dirigeants de l'UE [...] contribueraient à garantir un processus de ratification sans heurts de la décision sur les ressources propres dans nos pays », écrivent-ils.

Cette décision, qui donne corps au Plan de relance (EUROPE 12622/11), requiert en effet l’approbation de tous les parlements nationaux. Pour l’heure, seulement deux États – l’Italie et Chypre – ont ratifié le texte.

Ligne rouge. Lundi 25 janvier, devant la commission des Transports du PE, Dominique Riquet (Renew Europe, français), a répété quant à lui que les eurodéputés ne pourraient plier face à une position « contrevenant complètement au règlement ».

« Un règlement ne peut pas attribuer directement des fonds à des opérations. Il prévoit la nature de ces opérations et la manière dont seront faits les arbitrages », a-t-il insisté, regrettant par ailleurs que cette position implique de changer l'affectation du fonds général au profit de celui de cohésion et « s'asseye sur les colégislateurs ». (Agathe Cherki)

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