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Bulletin Quotidien Europe N° 12644
POLITIQUES SECTORIELLES / Alimentation

Premier débat des eurodéputés pour une stratégie 'de la ferme à la table' respectueuse de l'environnement et des agriculteurs

Parvenir à un juste équilibre qui garantisse à la fois une alimentation durable et une agriculture durable : toute la difficulté de la tâche est apparue, lundi 25 janvier, lorsque les corapporteurs Anja Hazekamp (GUE/NGL, néerlandaise) et Herbert Dorfmann (PPE, italien) ont présenté leur projet de rapport sur la stratégie 'de la ferme à la table' pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l'environnement (EUROPE 12632/19), lors d'une réunion conjointe des commissions 'Environnement' (ENVI) et 'Agriculture' (AGRI) du Parlement européen. 

Les députés ont tous estimé que ce rapport constituait un bon point de départ et que la stratégie 'de la ferme à la table' était une occasion à saisir. Pour autant, les députés de droite ont mis en garde contre le risque de sacrifier l'agriculture, si tous les acteurs - notamment les consommateurs - ne jouent pas leur rôle.

 Anja Hazekamp a insisté sur les recommandations concrètes du rapport pour que l'empreinte climatique et environnementale de notre système alimentaire soit fortement réduite, notamment en inscrivant dans la législation une réduction de l'utilisation des pesticides et des antibiotiques et en cessant les subventions à l'agriculture intensive et industrielle. « Il faut stimuler les produits locaux et biologiques et passer à plus de protéines végétales, c'est une façon de lutter contre le changement climatique et la déforestation dans l'UE et en dehors », a-t-elle déclaré. Une information claire des consommateurs par un étiquetage affichant les profils nutritionnels complèterait utilement le dispositif.

Herbert Dorfmann considère, lui, que la stratégie est utile pour assurer l'approvisionnement en aliments depuis l’éleveur jusqu’au consommateur, pour repenser cette chaîne d'approvisionnement et réfléchir à une bonne répartition des coûts et bénéfices ainsi que des responsabilités de la ferme à la table. Or, selon lui, cette répartition n'est pas équitable. Il a donc plaidé pour des objectifs chiffrés dans les domaines de la transformation et des consommateurs et sur une aide aux agriculteurs.

Davantage d'agriculture biologique, c'est possible, à condition que les consommateurs soient prêts à acheter.

En outre, l’agriculture devrait, certes, « avoir une attitude positive quant à la diminution des inputs et une limite des intrants minéraux et du lessivage des produits de l'agriculture qui vont jusqu’aux nappes phréatiques, mais il faut partir des situations actuelles », a-t-il souligné. Il s'agit de tenir compte de l'utilisation actuelle des antibiotiques, qui diffère beaucoup d'un pays à l'autre, mais aussi de la législation existante. Une législation ayant déjà été votée pour réduire l'utilisation des antibiotiques, nul besoin d'une nouvelle, a-t-il estimé. Quant à l'élevage, il convient, à son avis, de miser sur la recherche pour trouver les nouvelles méthodes d'avenir.

Estimant elle aussi que la stratégie fait peser tout l'effort sur les agriculteurs, Mazaly Aguilar (CRE, espagnole) a appelé à des objectifs moins ambitieux et plus réalistes.

Selon elle, « l'objectif principal devrait être que toute l'agriculture, quel que soit son modèle de production, puisse améliorer sa rentabilité et sa contribution à l'environnement. C'est une grosse erreur conceptuelle de penser que le seul modèle qui puisse apporter des solutions à la durabilité de l'agriculture est le modèle écologique ».

Le débat ne fait que commencer. « Il s’agit de relever de multiples défis et de répondre à différentes problématiques par une réponse politique intégrée et cohérente, qui couvre les aspects financiers, commerciaux, la réglementation sur les pesticides et le bien-être animal. L'objectif est de parvenir à un point de vue unique du Parlement européen. Nous serons ainsi plus solides en plénière », a résumé Pascal Canfin (Renew Europe, français) au nom de la commission ENVI.

Il faudra pour cela « réussir la quadrature du cercle », a jugé le président de la commission AGRI, Norbert Lins (PPE allemand), citant les aspects écologiques, économiques, la responsabilité des consommateurs (leur comportement et les moyens dont ils disposent), les relations internationales et l'agriculture biologique. Une audition d'experts est prévue le 4 février. (Aminata Niang)

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