Les travaux progressent au Parlement européen sur la stratégie intitulée 'De la ferme à la table, pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l'environnement', présentée en mai par la Commission et sur laquelle le Conseil 'Agriculture' de l'UE s’est prononcé en octobre dernier (EUROPE 12584/26).
Un compromis a été trouvé entre les corapporteurs des commissions compétentes, Anja Hazekamp (GUE/NGL, néerlandaise) de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) et Herbert Dorfmann (PPE, italien) de la commission de l'agriculture et du développement rural (AGRI). Paolo De Castro (S&D, italien), membre de la commission du commerce international (INTA), est rapporteur pour avis.
Leur projet de rapport salue la stratégie proposée comme une étape indispensable pour garantir une alimentation saine et de qualité pour tous et s'assurer que la manière dont les aliments sont produits et consommés dans l'UE respectera les limites de la planète.
Il préconise une approche holistique pour aborder de manière intégrée les problèmes du système alimentaire actuel, tout en garantissant la durabilité et la viabilité de l'agriculture européenne et de tous les opérateurs de l'industrie agroalimentaire, en particulier les PME et les petites exploitations familiales.
Il souligne les liens inextricables entre des personnes en bonne santé, des sociétés saines et une planète saine, et encourage la Commission à traduire la stratégie en actions législatives et non législatives concrètes dans les meilleurs délais.
Le texte salue l'annonce d'une proposition de cadre législatif pour des systèmes alimentaires durables ayant fait l'objet d'une évaluation d'impact. Les corapporteurs estiment que cette proposition devra servir de base pour définir une politique alimentaire commune holistique visant à réduire l'empreinte environnementale et climatique du système alimentaire de l'UE.
Cela, afin de faire de l'Europe le premier continent climatiquement neutre d'ici 2050 et de renforcer sa résilience pour assurer la sécurité alimentaire face au changement climatique et à la perte de biodiversité, en menant une transition globale vers la durabilité depuis l'exploitation agricole jusqu'à la fourchette, sur la base du principe d'un secteur agricole multifonctionnel.
Le texte salue la décision de réviser la directive sur l'utilisation durable des pesticides et les objectifs de réduction des pesticides, des engrais et des antibiotiques. Il insiste sur l'importance de poursuivre ces objectifs par des approches holistiques et circulaires, telles que les pratiques agroécologiques.
Il insiste aussi sur la nécessité de renforcer les puits de carbone naturels et de réduire les émissions agricoles de dioxyde de carbone, de méthane et d'oxyde nitreux, en particulier dans les secteurs de l'alimentation animale et de l'élevage. Il demande que des mesures réglementaires et des objectifs soient adoptés pour garantir une réduction progressive de toutes les émissions de gaz à effet de serre dans ces secteurs.
Le projet de rapport demande que les plans stratégiques nationaux de la politique agricole commune (PAC) garantissent un soutien financier et des incitations appropriés pour promouvoir de nouveaux modèles commerciaux écologiques 'verts' pour l'agriculture et la production alimentaire artisanale, notamment en encourageant les chaînes d'approvisionnement courtes et la production alimentaire de qualité. (Aminata Niang)